À la suite d'un récent rapport de Anses, les sénateurs du groupe socialiste ont demandé, jeudi 2 avril, la création d'une commission d'enquête sur la présence de cadmium dans les sols agricoles et ses effets sur la santé. Dans un courrier adressé au président du Sénat Gérard Larcher, ils évoquent des « zones de flou » nécessitant un travail d'investigation approfondi.
L'agence sanitaire a mis en évidence que l'alimentation constituait la principale source d'exposition des Français à ce métal lourd, naturellement présent dans l'environnement mais dont certaines activités humaines renforcent la concentration. Elle recommande notamment de réduire les teneurs en cadmium dans les engrais phosphatés, avec un seuil préconisé à 20 mg/kg, contre 90 mg/kg actuellement en France.
À l'initiative du sénateur Michaël Weber, les élus souhaitent également éclaircir les responsabilités politiques ayant conduit à fixer un seuil national supérieur à celui recommandé au niveau européen. Les sénateurs PS relèvent aussi dans leur courrier des « divergences d'interprétation » quant à l'ampleur de la contamination. La Fédération de l'agriculture biologique (FNAB) a en effet demandé à l'agence sanitaire de compléter son rapport après avoir relevé des « erreurs » et « approximations », lui reprochant également de pas avoir suffisamment distingué les niveaux d'exposition entre agriculture biologique et conventionnelle.
Si le gouvernement envisage de revoir les seuils réglementaires, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a assuré que 99,5 % des produits contrôlés étaient conformes. Une réponse jugée insuffisante par les sénateurs socialistes, qui conditionnent désormais leurs travaux à l'obtention de moyens d'enquête parlementaire renforcés.