Fraises : guerre des prix entre producteurs français et espagnols

À Carpentras, la saison des fraises bat son plein, pourtant les producteurs peinent à se réjouir. En effet, ce fruit est de moins en moins rentable : « Chaque année je réduis ma surface, je n'ai plus qu'un hectare. D'habitude les productions espagnoles et françaises s'enchaînent naturellement. Cette année, ça se percute. L'Espagne a eu du retard et nous de l'avance sur les volumes », explique Alain Barjol, un producteur de la région. Cela se répercute au niveau des prix : « C'est la jungle, la revente ! Tout le monde applique ses prix. Le plus scandaleux, ce sont les centrales d'achat des grandes surfaces qui fixent le prix de vente à l'avance. Je paye 50 centimes un plant de fraises, j'ai 8 employés qui me coûtent 2 000 € chacun par mois, il faut ajouter à cela la maintenance et l’entretien ».

Plusieurs producteurs se plaignent que les grandes surfaces montent avec des grands producteurs espagnols des opérations commerciales, avant même que les plants donnent des fruits. Tandis que le coût est de plus en plus élevé pour les agriculteurs chaque année, les centrales d’achat, elles, fixent les prix en fonction des années précédentes.

De plus, le cahier des charges du côté français devient de plus en plus exigeant. « Contrairement aux fraises d'Espagne bourrées de pesticides, nos fraises ont des certifications. Une certification coûte en moyenne 1 000 €. Je m'appuie aussi sur des auxiliaires qui me permettent de limiter au maximum l'utilisation des produits phyto-pharmaceutiques. Cette année, ces lâchers d'insectes m'ont coûté 9 000 € », témoigne Virginie Fraysse qui compte 7 hectares de production pour 32 cueilleurs.

En Andalousie, les cueilleurs sont rémunérés en moyenne 39,48 € bruts la journée. C’est un salaire équivalent à celui des pays de l'Est, membres de l'Union européenne. Depuis 2001, grâce à un système mis en place entre le Maroc et l’Espagne, plusieurs milliers de ramasseurs marocains demandent un visa de travailleur saisonnier pour participer à la cueillette.

Chaque année, près de 400 000 tonnes de fraises espagnoles sont croquées dans l'hexagone contre 6 000 tonnes produites dans le Vaucluse.

Pour Dominique Begnis, président de la confrérie de la Fraise de Carpentras, le coût de production au kilo pour une fraise de pays revient à 3,80 € tandis que la fraise d'Espagne se négocie à 80 centimes sur certains marchés. « Nos seuls arguments reposent sur la promotion d'un savoir-faire et d'une qualité du produit. On attend la fin de la récolte et on va s'organiser pour créer une IGP pour une meilleure protection », a-t-il déclaré.

L’union des agriculteurs semble être la seule solution pour défendre leurs cultures et leur savoir-faire dans un contexte de plus en plus compétitif.


Source : laprovence.com


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