L'initiative d'autonomisation de la population noire, 600 ha d'agrumes financés collectivement par les producteurs de la Sundays River Valley

Faire les choses bien

Les travaux de terrassement pour les 600ha de la ferme d'Ikamva Lethu dans la Sundays River Valley devraient débuter dans les prochaines semaines, un an plus tard que prévu, suivis par une infrastructure d’irrigation vers la fin de l’année, puis par la plantation de 75 000 citronniers début 2020.

Les lourdeurs administratives et les délais bureaucratiques autour de la création de projets d'autonomisation économique de la population noire en Afrique du Sud sont considérables, étant donné la polémique liée à la restitution des terres, et mettent certainement à l'épreuve l'engagement des partenaires commerciaux dans de telles entreprises.

« Nous attendions depuis quelques années une autre initiative du gouvernement pour lancer des projets d'autonomisation dans notre Vallée et le conseil d'administration du SRCC a finalement décidé que nous agirions comme il convient », déclare Hannes de Waal, directeur général du SRCC. « Nous avons soumis la proposition à nos producteurs, dont dix-sept ont volontairement décidé de faire partie de l'initiative. Le fait qu'ils appartiennent tous au groupe SRCC facilite les choses, ils comprennent notre méthode et nous adhérons tous aux mêmes principes d'autonomisation. Cela fonctionne très bien. »

Eldon Whittle (SRCC : Production primaire) avec Nokwanele Mzamo, directrice générale de Luthando Farm et précédente lauréate du prix  national de l'agricultrice de l'année

Les droits d'utilisation de l'eau dépendent du nombre d'actionnaires noirs

Les dix-sept producteurs d'agrumes ont adhéré au projet Ikamva Lethu (« notre avenir » dans isiXhosa) selon les recommandations du professeur Mohammed Karaan dans le Plan National de Développement : chaque producteur obtient l'équivalent de 20 % de sa propre ferme, représentant différents niveaux d’actionnariat. Pour les cinq prochaines années, ils fourniront le capital et assumeront le risque de tous les coûts d'installation de la ferme, qui espérons-le, sera pleinement productive d’ici 2028. Les coûts opérationnels seront ensuite assurés de manière classique par les institutions financières.

Alors que les producteurs apportent le capital, l'expertise et l'expérience au projet, les actionnaires noirs apportent avec eux quelque chose de tout aussi crucial : les droits d'utilisation de l'eau.

Les fondateurs du projet se considèrent comme très privilégiés d'avoir obtenu des licences d'eau sur 20 ans pour la totalité des 600ha de superficie de la ferme, note Frikkie Olivier, responsable des opérations chez SRCC Primary Production, qui gère la ferme d'Ikamva Lethu. L'octroi de droits sur l'eau par le Département des Affaires de l'eau et de l'Assainissement était assorti de certaines conditions, notamment que la participation noire au projet ne puisse jamais tomber en-dessous des 59 %.

Il serait en effet extrêmement difficile pour n'importe quel nouveau développement agricole en Afrique du Sud de nos jours de se voir attribuer des licences d’eau sans composante d’actionnariat noir ; un moyen efficace de renforcer l'indépendance économique de la population noire. 

Obtenir la licence d'utilisation de l'eau entraîne des coûts très importants (plusieurs millions de Rands) bien avant que les arbres ne soient implantés : le projet a payé pour une eau qu'ils n'ont pas utilisée depuis trois ans maintenant, sans possibilité de transférer les droits de l'eau à d'autres projets ou entités.

Charl Tibshraeny (à gauche), président d'Ikamva Lethu et lui-même producteur d'agrumes, apportant son capital de départ et son expertise au projet.

Un collectif exceptionnel de producteurs commerciaux ont souscrit au projet

Établir le projet était complexe : chacun des agriculteurs participants a créé un fonds bénéficiaire pour ses employés permanents, après de longues consultations avec toutes les parties concernées. Les bénéfices seront divisés sous forme de dividendes aux travailleurs, en fonction de chaque fonds, ainsi qu'à deux autres groupes : les travailleurs noirs permanents de la Sundays River Valley Citrus Company (SRCC) et les éventuels employés noirs permanents de la ferme Ikamva Lethu, composée de 300 et 350 personnes, déclare Frikkie Olivier.

Le projet n'est certainement pas unique dans ces objectifs : il existe actuellement trois ou quatre autres projets d'autonomisation dans la Sundays River Valley grandement aidés par une allocation gouvernementale de droits sur l'eau pour 3 000ha pour tous les projets de la région - mais, là où il se distingue, c’est dans le grand collectif de producteurs qui participent à ce projet, affirment les membres fondateurs.

« En tant que groupe de producteurs nous sommes dans une très bonne position. À partir de cette plateforme, nous pourrions certainement faire plus d’achats si des terres devenaient disponibles, et nous maîtrisons bien la gestion des risques », poursuit Hannes. « Compte tenu de l'augmentation de la production d'agrumes dans le monde entier, ce projet sera bien sûr soumis aux mêmes risques macroéconomiques que toutes les autres entreprises d'agrumes, mais la SRCC dispose d'un portefeuille d'exportation extrêmement important. »

Hannes de Waal, directeur général de la Sundays River Citrus Company et Nokwanele Mzamo (à droite), directrice générale de Luthando Farm, dans une usine de conditionnement de Kirkwood 

Les producteurs possédant leur propre société n'obtiennent pas d'avantages BEE du projet Ikamva Lethu 

Les fondateurs soulignent un autre élément propre à leur projet. « Les producteurs participants obtiennent très peu de reconnaissance sur leur tableau de bord BEE [un mécanisme obligatoire pour évaluer la conformité aux réglementations en matière d'indépendance économique des noirs], car ils ne sont pas les propriétaires du projet. Ils le font parce qu'ils croient et savent que c'est la bonne chose à faire », déclare Charl Tibshraeny, président du projet Ikamva Lethu et producteur d'agrumes.

Frikkie explique que la première phase consiste en des citronniers, suivies de phases ultérieures introduisant d'autres citrons (Hannes : « C'est la meilleure région de citrons au monde, le projet aura donc naturellement un attention forte sur le citron »), comme les Valencias et les mandarines tardives, parmi lesquelles des mandarines comme la Nadorcott et la Tango seront probablement très présentes, car elles s'épanouissent bien dans la région. Les décisions finales sont encore à prendre mais si les Navels sont incluses - une catégorie qui présente des défis de gestion dans la vallée et une concurrence très vive des producteurs de l'hémisphère nord comme l'Egypte - sa contribution sera maigre. 
Il est à supposer que que le projet achevé concernera un peu moins de 300 000 citronniers. 

« Nous sommes très fiers de nous. L'ensemble du processus était beaucoup plus difficile et a pris beaucoup plus de temps que ce que les gens pensaient.  C'est l'ironie : les gens doivent être indépendants mais ce n'est pas facile du tout. Ce n'est pas que le gouvernement ne soit pas réceptif aux projets, mais les conditions ne sont pas réunies pour permettre une autonomisation facile. Nous avons dû franchir un nombre incroyables d'obstacles. Ken Nieuwenhuizen, mon prédécesseur, et Frikkie Olivier ont travaillé sur ce projet à temps plein pendant trois ans, passant parfois plus de temps à l'est de Londres et à Pretoria qu'à la maison pour le mener à bien », explique Hannes.

Pour plus d'informations : 
Frikkie Olivier
Ikamva Lethu / Sundays River Citrus Company
Tel : +27 87 943 7722 x 601
folivier@srcc.co.za  
https://www.srcc.co.za/ 


Date de publication:



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