Sabine Vajou, Culture Pom

« Les consommateurs français privilégient l’usage et le goût, les Espagnols privilégient la qualité visuelle et des calibres soutenus »

La société champenoise Culture Pom, spécialisée dans la production et le négoce de pommes de terre est née en juillet 2017 du rapprochement des sociétés Val Terroirs et Subnegoce, respectivement dirigées par Sabine Vajou et Alexandre Subtil. La structure est actuellement répartie sur 2 sites, tous deux basée en Champagne, pour davantage de proximité au sein des différents bassins de production. D’abord concentrée sur le marché français, Culture Pom a progressivement étendu son activité au-delà des frontières. Elle exporte aujourd’hui vers une quinzaine de pays européens et notamment en Espagne.

L’Espagne : un marché historique pour Culture Pom
Originaire de la Cordillère des Andes, née il y a 9 000 ans la pomme de terre est arrivée en Europe en 1534 via l’Espagne. « La patata » est devenue progressivement un ingrédient de base dans la gastronomie espagnole, ce qui explique pourquoi le marché espagnol est un marché plutôt conséquent pour Culture Pom. « L’Espagne a représenté 37 % de nos exportations sur la campagne 2021-2022, c’est historiquement notre plus gros marché à l’export », indique Sabine Vajou. Si le tubercule Made in France s’exporte facilement de l’autre côté des Pyrénées c’est parce qu’il plait beaucoup. « La pomme de terre française est vue comme une pomme de terre de qualité en Espagne et même partout en Europe. La demande espagnole a d’ailleurs été importante dès le début de saison cette année ».

Et les distributeurs espagnols recherchent particulièrement des variétés avec une lavabilité élevée, comme la Colomba, l’Agata, la Mozart ou encore la Marabel, un critère de plus en plus recherché par les consommateurs espagnols qui « achètent avec leurs yeux ». C’est d’ailleurs sur ce point que les comportements d’achats diffèrent entre les deux pays. Car si les consommateurs Français privilégient davantage l’usage et le goût, les Espagnols eux, privilégient le visuel. « La qualité visuelle et des calibres soutenus sont des caractéristiques très importantes pour consommateurs espagnols, qui affectionnent également des variétés faciles à éplucher. »  

Une production confrontée à toujours plus de défis  
L’évolution des modes de consommation, les règlementations et les aléas climatiques de plus en plus fréquents demandent aux producteurs toujours plus d’adaptabilité et de résilience. « Il y a d’abord des exigences concernant le produit lui-même et plus particulièrement des exigences de qualité visuelles qui sont toujours plus élevées. Nous devons aussi jongler avec les problématiques d’irrigation face aux restrictions d’eau qui nous sont imposées sous forme de quotas. Nous devons continuer à produire et supporter la hausse des coûts des intrants, comme l’azote et les produits phytosanitaires. » Et enfin et surtout, les producteurs de pommes de terre doivent constamment rechercher et cultiver des variétés plus résistantes aux parasites et aux aléas climatiques, à l’image des dernières vagues de chaleur qui se sont succédées. Car pour Culture Pom comme pour nombreux autres producteurs cette année, les températures caniculaires associées à un déficit de pluie ont entraîné une baisse des rendements et des calibres plus petits. « Certaines variétés ont subi un coup de chaud au moment de la pousse empêchant le tubercule de grossir correctement. »

Répercussion de la hausse de coûts sur le prix de vente
Si Culture Pom n’a pas été impactée directement par le conflit russo-ukrainien, la hausse généralisée des coûts, qui a touché l’ensemble la filière fruits et légumes, de l’amont jusqu’à l’aval, a obligé la société à répercuter la hausse sur ses produits. « Cette hausse n’a pas été toujours facile à faire accepter à nos clients conditionneurs qui subissent déjà l’augmentation du coût des transports. » De l’autre côté de la frontière en revanche, certains professionnels ont fait le choix de la diversification. « Les producteurs espagnols se sont cette année davantage tournés vers la production de pommes de terre d’industrie étant donné les risques et les coûts de production moindres. » C’est aussi pour cette raison que beaucoup se demandent s’ils doivent continuer ou plutôt se tourner vers la culture de céréales, comme certains l’ont déjà fait à travers l’Europe.

Pour plus d’informations :
Culture Pom 
www.culturepom.com     


Date de publication:
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