La Côte d'Ivoire, troisième producteur de manioc en Afrique de l'Ouest derrière le Nigeria et le Ghana, a officiellement lancé le 27 janvier à Abidjan l'Interprofession de la filière Manioc (OIA Manioc). Cette initiative vise à mieux structurer et coordonner une filière jusque-là fragmentée, afin d'en renforcer la production et la compétitivité.
Selon Yedoh Kévin Nomel, président du conseil d'administration de l'OIA Manioc, l'interprofession entend, sur les trois prochaines années, consolider sa gouvernance, établir une cartographie précise de la filière, mettre en place des mécanismes de collecte de données et de traçabilité, structurer des financements adaptés aux différents maillons, et déployer des standards de qualité harmonisés ainsi que des contrats d'approvisionnement sécurisés.
Cette réorganisation s'inscrit dans une volonté politique affirmée depuis 2025 de renforcer la chaîne de valeur du manioc. En mai 2025, le gouvernement ivoirien a obtenu deux prêts d'un montant total de 45,9 milliards de francs CFA auprès de la Banque islamique de développement pour financer un projet dédié au développement de la filière. Celui-ci prévoit notamment la valorisation de 40 000 hectares de terres agricoles, l'aménagement de 70 hectares de périmètres irrigués pour la multiplication de boutures, ainsi que la construction de nouvelles unités de transformation.
La production nationale de manioc a progressé de 31,25 % en cinq ans, passant de 6,4 millions de tonnes en 2020 à 8,4 millions de tonnes en 2024. Malgré cette hausse, la filière ivoirienne reste en retrait par rapport au Nigeria, qui produit plus de 60 millions de tonnes par an, et au Ghana, avec environ 25 millions de tonnes, selon les données de la FAO.
Source : agenceecofin.com