En déplacement à Baigneux (Eure-et-Loire) le 30 janvier dernier, Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures pour soutenir l'agriculture française : renforcement de l'approvisionnement local dans les commandes publiques, généralisation des contrats d'avenir agricoles mais également le lancement d'une mission parlementaire pour valoriser les filières locales et enfin la volonté de faire reconnaître l'alimentation comme priorité européenne
Généralisation des contrats d'avenir
Lors du point presse, le Premier Ministre a évoqué la mise en place de contrats d'avenir, sur proposition des Jeunes Agriculteurs. En pratique il s'agirait de contrats signés avec les pouvoirs publics pour un accompagnement financier et technique destiné aux producteurs qui se lancent dans une nouvelle culture adaptée au marché et au changement climatique. L'objectif serait ici de revenir à de la planification : « une planification entre le producteur, production actuelle et passée, mais peut-être aussi à venir avec les conclusions et les leçons que nous devons tirer du réchauffement climatique pour les diversifications ». Cette planification pourrait être selon lui un « choc majeur » mais « un choc positif » pour le monde agricole car elle « oblige à une capacité à devoir produire de manière régulière, prévisibles, dans les quantités agréées et contractualisées, être capable d'avoir les outils de transformation (secteur qui a perdu plusieurs acteurs ces dernières années a-t-il rappelé) être capables de construire au fond la sécurité d'approvisionnement. […] c'est exactement ce que l'on cherche à faire avec les contrats d'avenir ».
« Reprendre en main la commande publique et récompenser ou punir les acheteurs publics »
« Personne ne peut comprendre, désormais en 2026, que des euros d'argent public du contribuable puissent encore aller acheter de la nourriture en dehors de l'Union européenne […] personne ne se pose vraiment la question d'où vient tel ou tel morceau de viande, tel ou tel fruit ou légume dans son assiette », a pointé du doigt le Sébastien Lecornu, qui estime à 900 millions d'euros la somme globale de commandes publiques pour les cantines qui dépendent de l'État […]. « Or sur ce petit milliard, combien va à l'étranger, combien restait en France, combien allait en dehors de l'Union européenne ? Eh bien, on n'a toujours pas la réponse ! », regrette-t-il. Face à ce constat il a annoncé vouloir « reprendre complètement en main la commande publique, et à devoir aussi récompenser ou punir les acheteurs publics en fonction de ces objectifs ». Une orientation que le premier ministre a dit vouloir inscrire dans les lois à venir de décentralisation, comme la loi agricole actuellement en préparation.