Une caisse de 5 kg d'endives belges affichée à 7 euros dans un centre E.Leclerc des Hauts-de-France, en pleine campagne d'endives françaises : de quoi faire grincer des dents la filière.
« Certains ne jouent pas le jeu de l'origine France »
© APEFAlors que les endiveries françaises tournent actuellement à plein régime, l'Association des Producteurs d'Endives de France (APEF) déplore la présence d'endives étrangères dans certains points de vente. « C'est d'autant plus dommageable que nous entrons dans des mois clés en matière de consommation », souligne Pierre Varlet, directeur de l'APEF qui précise toutefois que ces initiatives relèvent de magasins indépendants, prises en dehors des politiques des centrales d'achat « qui jouent le plus souvent, le jeu de l'origine France ». La semaine dernière, des caisses d'endives belges ont en effet été repérées dans plusieurs rayons de la GMS française. « Pour quelques centimes de moins, certains grossistes et magasins préfèrent les endives de nos voisins. C'est assez regrettable, surtout que lors des deux dernières campagnes, marquées par une sous-offre, nous avions privilégié le marché français au détriment de l'export », explique le directeur. « A ce niveau de prix le consommateur risque de ne plus comprendre la valeur réelle de l'endive, et se tourner vers d'autres légumes concurrents. Nous défendons les prix pour couvrir les coûts de production et donner des perspectives à la filière, mais certains chefs de rayon cherchent toujours moins cher, ce qui a pour effet de tirer les prix vers le bas. Or, aujourd'hui il ne s'agit pas pour les producteurs de faire fortune, mais simplement de maintenir la viabilité des exploitations et continuer à investir pour relever les défis qui se présentent devant la filière. De plus proposer des caisses de 5kg aux consommateurs est une aberration totale en termes de conservation, de fraîcheur et de qualité du produit ».
De nouveaux consommateurs recrutés
Alors que la campagne endive 2025-2026 a retrouvé des volumes proches de ceux de 2021/2022 – estimés à 120 000 tonnes fin 2025 –, la filière profite également de l'arrivée de nouveaux consommateurs, un objectif clairement affiché durant la préparation de campagne. Car face à un légume qui souffre encore d'une image vieillissante l'APEF a déployé un vaste plan de communication (télé, radio et internet) à destination de la jeune génération. « Nous entrons dans la troisième semaine de notre première vague de communication de 2026. Il faudra attendre les prochains panels consommateurs pour en mesurer pleinement les effets, mais nous restons plutôt confiants », indique Pierre Varlet. « Le chiffre d'affaires des endiveries est en recul par rapport à N-1, mais au vu des volumes de racines disponibles dans les frigos, on espère compenser sur la durée par une augmentation des volumes expédiés. Il y aura, comme chaque année, un léger coup de frein lié aux vacances scolaires d'hiver, mais nous comptons sur un redémarrage de la demande en mars et une prolongation de la campagne le plus tard possible. »
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Pierre Varlet (Directeur)
APEF
2, rue des Fleurs
62000 Arras
Tél. : 03 21 07 89 89
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