Au Kenya, la production d'avocats biologiques s'appuie sur un climat favorable et un écosystème agricole structuré qui en assurent la viabilité économique. « Cette configuration nous permet de rester compétitifs sur le marché international, avec des coûts de production inférieurs à ceux de nombreuses origines concurrentes », affirme Anthony Ngugi, PDG de Mavuno Organics.
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Selon lui, la principale force du modèle kényan réside dans son tissu de petits exploitants. « Le secteur repose sur un réseau solide et étendu d'agriculteurs travaillant de petites parcelles selon des principes agroécologiques. Dans ce contexte, la gestion des ravageurs et des maladies s'avère plus efficace et moins coûteuse que dans les systèmes conventionnels en monoculture. » Il souligne également le rôle des agrégateurs, à l'image de Mavuno Organics, qui apportent un appui technique et un accès structuré au marché. « Cette organisation rend la production biologique non seulement possible, mais économiquement rentable. »
À ces atouts s'ajoutent des avantages structurels déjà reconnus pour l'avocat kényan conventionnel : des coûts plus faibles en matière d'eau, de transport et de main-d'œuvre par rapport à d'autres origines africaines ou latino-américaines.
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La production biologique affiche toutefois un coût supérieur d'environ 45 % à celui du conventionnel, en raison notamment des frais de certification et des investissements consentis pour la fertilité des sols et la protection de l'environnement. Elle représente aujourd'hui près de 10 % des exportations nationales d'avocats. « Malgré cela, nos avocats biologiques demeurent une référence sur le marché international et répondent efficacement à la demande d'un segment de niche, face à des origines comme le Mexique, l'Afrique du Sud ou le Pérou », souligne Anthony Ngugi.
Au-delà des considérations économiques, le dirigeant met en avant la dimension durable du modèle. « La culture biologique est plus qu'une méthode agricole : c'est un investissement à long terme dans la terre, les producteurs et les générations futures. Nous privilégions des exploitations plus saines, des conditions de travail plus sûres et une offre en phase avec les attentes des consommateurs. »
Il insiste notamment sur la gestion de la ressource hydrique : « Au Kenya, 90 % de la production repose sur l'agriculture pluviale, en particulier dans les petites exploitations. Nous pouvons ainsi proposer des avocats biologiques dont l'empreinte en "eau bleue" — c'est-à-dire l'eau issue des ressources de surface et des nappes souterraines — est négligeable. »
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En matière de débouchés, Mavuno Organics exporte l'essentiel de ses volumes vers les Pays-Bas. « Nos clients néerlandais représentent environ 90 % de nos expéditions. Cette position s'explique par des relations commerciales de longue date, établies dès la création de notre entreprise familiale. » Une partie des volumes est ensuite redistribuée vers d'autres marchés européens, notamment via une coopérative française spécialisée dans les produits biologiques.
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Convaincue que la production biologique d'avocats poursuivra sa progression, l'entreprise mise sur l'accompagnement technique et la structuration de la filière. Elle s'appuie sur une équipe permanente de 20 collaborateurs, dont des agronomes qualifiés, et supervise la certification de 324 petits producteurs (Organic EU, Living Wages, Fair Trade, SMETA, GlobalG.A.P. et GRASP). « Nous assurons également le tri, le conditionnement dans un centre moderne, ainsi que la commercialisation et l'exportation, tout en maintenant des niveaux de prix compétitifs par rapport aux autres origines », conclut Anthony Ngugi.
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Anthony Ngugi
Mavuno Organics
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