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Premium Sourcing, exportateur égyptien

« La guerre au Moyen-Orient complique la saison des oranges égyptiennes à un moment clé »

Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient samedi dernier, accompagné d'un regain de tensions en mer Rouge, intervient à un moment particulièrement sensible pour les exportateurs égyptiens d'oranges, qui misaient sur le mois de mars pour relancer la dynamique commerciale. Mostafa Ali, PDG de Premium Sourcing, fait le point sur la situation.

© Premium SourcingMostafa Ali, PDG de Premium Sourcing

Mauvais timing
La campagne des oranges égyptiennes avait démarré difficilement avec les Navel, pénalisées par des vagues de froid sur plusieurs marchés internationaux, qui ont freiné la consommation, ainsi que par une concurrence soutenue de la Chine. La transition vers les Valencia s'est ensuite opérée plus tôt que d'ordinaire, permettant de rééquilibrer le marché et d'envisager une fin de saison plus favorable.

« Tous les exportateurs égyptiens anticipaient une reprise marquée début mars, avec la fin du Nouvel An chinois et l'épuisement des stocks de Navel en Chine. Nous comptions sur un report de la demande d'Extrême-Orient vers les oranges égyptiennes, ce qui devait marquer un véritable redémarrage après un début de campagne compliqué. En réalité, la saison des Valencia se déroulait plutôt bien jusqu'à samedi, lorsque le déclenchement de la guerre nous a pris de court », explique Mostafa Ali.

© Premium Sourcing

Le conflit intervient alors que plusieurs marchés asiatiques — Malaisie, Singapour, Inde ou encore Chine — montraient des signes de reprise. « Aujourd'hui, la situation est très floue. Ni les exportateurs ni les compagnies maritimes n'ont de visibilité claire. Chacun évalue les risques et les traduit en restrictions opérationnelles. Nous savons néanmoins que la période à venir sera difficile, notamment sur le plan logistique », poursuit Mostafa Ali.

Retour des tensions en mer Rouge
La crise ravive immédiatement les perturbations en mer Rouge. « Nous avons déjà été informés de recommandations visant à suspendre les transits via le canal de Suez et le détroit de Bab el-Mandeb. La plupart des armateurs vont éviter cette zone. Ceux qui maintiennent des rotations appliquent désormais une surprime d'assurance d'environ 4 000 dollars par conteneur », précise Mostafa Ali.

Les conséquences sont directes : allongement des temps de transit vers l'Asie et arrêt des expéditions vers certains marchés d'Afrique de l'Est. « Une cargaison que nous avions expédiée vers Mombasa a été immobilisée dès le premier jour du conflit », indique Mostafa Ali.

© Mr.siwabud Veerapaisarn | Dreamstime

Dans les pays du Golfe, également affectés par la situation régionale, les flux sont fortement perturbés. « Nous exportons d'importants volumes de produits frais et surgelés vers le Golfe — fraises, oranges, pommes de terre et autres fruits et légumes. Aujourd'hui, les expéditions sont bloquées, que ce soit en mer Rouge, sur les axes routiers traversant l'Arabie saoudite ou dans certains ports des Émirats arabes unis. Le fret aérien est particulièrement touché, avec des arrêts quasi complets. Nous sommes dans l'attente de directives claires de la part des compagnies maritimes », explique Mostafa Ali.

Les marchés insulaires dépendants des plateformes logistiques du Golfe sont également impactés. « Des destinations comme les Maldives ou l'île Maurice, qui dépendent totalement des importations d'oranges et d'autres produits frais, sont directement concernées », ajoute Mostafa Ali.

Risque de pression sur le marché européen
Par le passé, les difficultés d'accès aux marchés asiatiques ont conduit à des redirections massives de volumes vers l'Europe, entraînant des situations de suroffre et une pression à la baisse sur les prix. « Nous savons que certains acheteurs européens pourraient chercher à imposer des prix bas, même avant qu'une éventuelle suroffre ne se matérialise. J'espère que les exportateurs égyptiens resteront rationnels et préserveront la valeur du produit. Nous disposons cette saison d'une marchandise de qualité, d'une clientèle fidèle et d'une demande soutenue dans de nombreuses régions du monde. L'Europe n'est pas notre seul débouché », souligne Mostafa Ali.

© Premium Sourcing

Un optimisme prudent
Malgré un contexte marqué par une succession d'imprévus au cours des deux dernières campagnes, Mostafa Ali se veut mesuré mais confiant. « Nous restons optimistes, car la demande pour les oranges égyptiennes en Asie du Sud et de l'Est est réelle et solide. Nous devrons nous adapter aux contraintes logistiques, mais la demande existe et finira par s'exprimer », affirme Mostafa Ali.

Il rappelle que la filière s'est déjà adaptée lors de la précédente crise en mer Rouge. « Les armateurs ont réussi à réduire les délais de transit via le cap de Bonne-Espérance, les ramenant de 90 à 60-70 jours. Certaines compagnies continuent par ailleurs de transiter par la mer Rouge. De notre côté, nous devons préparer les fruits à des durées de transport prolongées grâce à un tri rigoureux, un conditionnement adapté et une gestion post-récolte maîtrisée. Nous avons déjà démontré que nous pouvions le faire lors du pic de la crise », conclut Mostafa Ali.

Pour plus d'informations :
Mostafa Ali
Premium Sourcing
Tél. : +20 10 07350313
[email protected]

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