Dans un communiqué publié hier, l'Union des Entreprises Transport et Logistique de France (TLF) fait le point sur les conséquences logistiques de la guerre au Moyen-Orient pour les opérateurs français du transport international. « Cette escalade affecte directement deux des corridors les plus stratégiques du commerce mondial : l'espace aérien du Golfe et le trafic maritime en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz ».
Trafic aérien : des perturbations immédiates
Les fermetures d'espaces aériens en cascade — Syrie, Irak, Koweït, Iran, Israël, Émirats arabes unis — ont provoqué en 24 heures 19 000 retards de vols et plus de 2 100 annulations, représentant une contraction de 18% de la capacité mondiale de fret aérien. Les grandes compagnies ont suspendu leurs rotations vers la région. Les hubs de Dubaï, Doha et Abu Dhabi, essentiels aux connexions entre l'Europe, l'Océan Indien et l'Asie, sont à l'arrêt. Les options de rerouting restent à ce stade très limitées.
« La paralysie simultanée des trois principaux hubs du Moyen-Orient crée une rupture dans les flux de fret aérien dont nous ne mesurons pas encore pleinement l'étendue. L'incertitude autour de la durée et de l'évolution du conflit rend difficile la planification des transit times (délais allongés), la gestion des capacités (pénuries ponctuelles d'espace) et l'anticipation des congestions portuaires et aéroportuaires », indique Philippe de Crécy, Président de TLF Overseas
Trafic maritime : une réorganisation d'urgence en cours
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20 % des flux mondiaux de pétrole et de GNL, fait l'objet d'une fermeture annoncée par l'Iran. Les principales compagnies maritimes — CMA-CGM, Maersk, MSC, Hapag-Lloyd — ont suspendu leurs escales dans la région et redirigé leurs navires vers des zones d'abri sûres jusqu'à nouvel ordre. Des surcharges de 2 000 à 4 000 dollars par conteneur ont été annoncées pour couvrir les surcoûts opérationnels, d'assurance et de carburant. Des effets de congestion sont attendus dans les ports asiatiques à court terme.
TLF Overseas indique suivre « l'évolution de la situation au quotidien et continuera d'informer les opérateurs du secteur au fur et à mesure de l'avancement de la situation ».
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