Depuis fin janvier, la campagne grecque du concombre s'est progressivement étendue à la partie continentale du pays, avec un démarrage à Trifylia, dans le Péloponnèse. Si les volumes atteignent désormais des niveaux élevés, la commercialisation se dégrade nettement, selon Giorgos Alexandropoulos, président de l'organisation de producteurs Filiatron Gaia de la coopérative agricole de Trifylia.
« Nous avons débuté la récolte fin janvier. Jusqu'au début du mois de mars, les volumes sont restés limités en raison d'un manque d'ensoleillement, ce qui soutenait les prix, autour de 1,50 €/kg », explique Giorgos Alexandropoulos. « Aujourd'hui, toutes les serres sont en pleine production, avec des rendements pouvant atteindre 5 000 kg par hectare tous les deux jours. Les concombres ont également atteint leur taille maximale, 30-35-38 cm. »
© A.C. Trifylia
Cette montée en puissance de l'offre s'accompagne toutefois d'un net ralentissement de la demande. « Les prix producteurs sont actuellement tombés à 0,40-0,50 €/kg, soit à peine le niveau des coûts de production, estimés à environ 80 000 €/hectare », souligne Giorgos Alexandropoulos.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. « L'offre est excédentaire, non seulement dans notre région, où les surfaces ont augmenté en raison des problèmes sanitaires sur les cultures de tomates, mais aussi dans d'autres zones de Grèce continentale. Par ailleurs, la Crète a entamé un nouveau cycle de production », précise Giorgos Alexandropoulos.
À cela s'ajoute un recul de la demande à l'export. « Le marché de gros de Thessalonique, qui alimente notamment les Balkans, enregistre une baisse progressive de la demande. Cette tendance devrait se poursuivre, car des pays comme l'Albanie entrent à leur tour en production », indique Giorgos Alexandropoulos.
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Le marché intérieur apparaît encore plus atone. « La demande sur le marché central d'Athènes est extrêmement faible, quasiment inexistante. Nous n'anticipons pas d'amélioration particulière à l'approche de Pâques », alerte Giorgos Alexandropoulos. « L'absence d'acheteurs en provenance des îles grecques est également préoccupante. Nous craignons que le contexte géopolitique au Moyen-Orient n'affecte le tourisme, ce qui aurait un impact direct sur la consommation. »
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Dans ce contexte, la situation économique des producteurs se fragilise. « Dans notre région, les alternatives culturales sont limitées aux concombres et aux tomates. Les producteurs rencontrent de plus en plus de difficultés à maintenir leur activité », explique Giorgos Alexandropoulos. « La relève est faible : les jeunes producteurs ont souvent entre 35 et 40 ans, et peu de nouvelles installations voient le jour. Même les exploitations familiales peinent à attirer la nouvelle génération. »
Face à ce manque de renouvellement et à l'absence de soutien public, les perspectives à long terme inquiètent la profession. « Si rien ne change, la production agricole pourrait fortement reculer dans les dix prochaines années », conclut Giorgos Alexandropoulos.
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