Le marché marocain de la pomme de terre traverse actuellement une période de forte tension, marquée par une hausse significative des prix et une baisse de l'offre sur certains marchés. En cause : d'importantes pertes de production dans le nord du pays, qui compliquent également les opérations de replantation. Analyse avec Imad Hamoumana, producteur basé à Larache.
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La campagne en cours s'annonce particulièrement difficile pour les producteurs. « De nombreux agriculteurs ont tout perdu à cause des inondations. Certains ne peuvent toujours pas reprendre leur activité, soit parce que leurs terres restent submergées, soit en raison de pertes financières trop importantes », explique Imad Hamoumana. « Ces conditions extrêmes viennent aggraver une situation déjà fragile pour la filière, confrontée au changement climatique, à la hausse des coûts de production et à la sensibilité de la culture. »
Les conséquences se sont rapidement fait sentir sur le marché. Les régions du Gharb et du Loukkos, fortement touchées le mois dernier, jouent un rôle clé dans l'approvisionnement national. « La baisse des volumes a été immédiate, entraînant une hausse automatique des prix à la consommation », souligne Imad Hamoumana.
Par ailleurs, les perspectives de replantation restent limitées. Également importateur de semences, Imad Hamoumana constate un ralentissement des commandes. « Les semences importées des Pays-Bas, notamment la variété Memphis, avaient déjà été écoulées avant les inondations. Aujourd'hui, très peu de producteurs passent commande, à l'exception de ceux qui cultivent sur des sols sablonneux, capables d'absorber l'excès d'eau », précise Imad Hamoumana. « C'est regrettable, car les semences disponibles cette saison étaient de très bonne qualité. »
© Imad Hamoumana
Le retour à la normale pourrait prendre plusieurs mois. « Le déficit de production ne devrait pas être comblé avant le prochain cycle de plantation, prévu en septembre », estime Imad Hamoumana.
D'ici là, le marché devra s'appuyer sur des volumes limités en provenance d'autres régions, ainsi que sur les exploitations partiellement épargnées. « Nous faisons partie des producteurs qui n'ont subi que des pertes partielles. Nous continuons donc à approvisionner le marché du mieux possible dans ce contexte difficile », conclut Imad Hamoumana.
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