Robert Doig, de Caledonia Potatoes, décrit le secteur de la pomme de terre comme un « véritable gâchis ».
« Il y a 24 mois, les prix étaient très élevés. Aujourd'hui, certaines catégories de pommes de terre sont quasiment invendables. En 2023, le marché était porteur et 2024 a été globalement satisfaisante, mais en 2025, la tendance s'est nettement inversée », explique Robert Doig.
Selon Robert Doig, cette situation reste classique dans la filière. Lorsque les prix sont élevés une saison, les producteurs augmentent les surfaces l'année suivante, ce qui peut rapidement entraîner une surproduction. « La demande de pommes de terre reste relativement stable : c'est un produit bon marché, avec peu de possibilités de promotion en distribution. Tout dépend donc des volumes plantés. Si un producteur ne reçoit des commandes que pour 80 % des volumes contractés l'année précédente, va-t-il réduire ses surfaces de 20 % ? Rien n'est moins sûr. Il est même tentant de planter davantage pour sécuriser les contrats. Mais si chacun augmente ses surfaces, même de 10 %, le marché se retrouve rapidement saturé. »
Cette surabondance a également des conséquences sur les exigences commerciales. « Lorsque l'offre est trop importante, les acheteurs deviennent plus exigeants sur les spécifications, car ils peuvent facilement se tourner vers d'autres fournisseurs. À l'inverse, lorsque l'offre est limitée, la marge de manœuvre est plus grande », poursuit Robert Doig.
Chez Caledonia Potatoes, les plantations ne débuteront pas avant le 13 avril, et Robert Doig indique avoir prévu de réduire les surfaces cette année.

Exportations de plants
Concernant les exportations de plants, le marché égyptien pour la campagne 2025 a été décrit comme plus difficile, avec des prix légèrement en retrait par rapport aux années précédentes. « Nous n'avons toutefois pas rencontré de difficultés majeures sur ce marché. Le principal enjeu en Égypte est la préférence pour des variétés libres, accessibles à tous les producteurs », précise Robert Doig.
Comme l'ensemble du secteur agricole, la filière pomme de terre subit également l'impact du contexte géopolitique, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui interviennent à un moment clé de la campagne.
Augmentation du coût des intrants
« C'est un peu comme si la guerre en Ukraine recommençait », explique Robert Doig. « Le timing est particulièrement défavorable : la consommation de diesel est élevée pendant les semis, et nous devons prochainement renégocier nos contrats d'électricité. Nous disposons encore d'engrais pour la saison 2026, mais les difficultés apparaîtront lors des achats pour la campagne suivante. »
Selon Robert Doig, la hausse des coûts des intrants pourrait représenter une charge supplémentaire de plusieurs dizaines de milliers de livres pour un producteur moyen, voire atteindre plusieurs centaines de milliers de livres dans certains cas.
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Robert Doig
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