La récolte de kiwis à Nooyenskopje a débuté il y a quatre semaines, dans un contexte particulièrement difficile pour le jeune secteur du kiwi jaune. Cette saison, le Moyen-Orient — débouché traditionnel majeur — est quasiment inaccessible, sauf à recourir au fret aérien à des coûts très élevés.
À Magoebaskloof, dans la province du Limpopo, l'hiver a été particulièrement froid. Malgré des précipitations exceptionnelles — 2 400 mm depuis décembre, et les pluies se poursuivent — la récolte s'annonce de bonne qualité, nettement supérieure à celle de l'an dernier, selon Danie Meyer. Le producteur cultive la quasi-totalité des variétés de kiwis et de kiwiberries disponibles en Afrique du Sud, avec une saison qui peut s'étendre jusqu'en juin, notamment grâce aux kiwis verts Hayward.
Avec près de 2,5 mètres de pluie en trois mois, Danie Meyer n'a même pas pu accéder à ses nouveaux vergers de kiwis situés de l'autre côté du ruisseau Broederstroom. Heureusement, les plants sont encore trop jeunes pour entrer en production. Entre deux épisodes pluvieux, les équipes ont toutefois pu conditionner des kiwis jaunes expédiés par avion vers l'Allemagne et les Pays-Bas.
© Nooyenskopje
« Une île dans l'industrie du kiwi »
En Afrique du Sud, la production de kiwi vert Hayward est progressivement passée au second plan face au développement du kiwi jaune, porté par différents détenteurs de licences variétales. Les producteurs de kiwi vert sont désormais peu nombreux. Danie Meyer décrit ainsi Nooyenskopje comme « une île », avançant à son propre rythme, avec son équipe et un approvisionnement régulier en kiwis verts.
La forte dépendance au kiwi jaune, dont une grande partie des volumes était traditionnellement destinée au Moyen-Orient, constitue aujourd'hui un risque majeur pour la filière. « Je suis vraiment désolé pour les producteurs de kiwis cette année. Nos marchés traditionnels au Moyen-Orient n'existent plus. Cela nécessite un ajustement majeur », souligne Danie Meyer.
Dans plusieurs régions de production — Cap occidental, KwaZulu-Natal et Mpumalanga — les producteurs font face à une proportion importante de petits calibres, attribuée notamment à une pollinisation insuffisante. Résultat : de nombreux lots de kiwis jaunes restent sans débouché.
Les stations de conditionnement sont sous forte pression pour écouler ces volumes. Sur le marché local, les prix des kiwis jaunes sont très bas. Par ailleurs, leur sensibilité aux chocs entraîne un mûrissement rapide, ce qui conduit à des pertes importantes, certains fruits devant être écartés.
Danie Meyer rappelle qu'en 2023 déjà, les prix obtenus au Moyen-Orient pour les kiwis jaunes sud-africains avaient été inférieurs aux attentes.
© Nooyenskopje
Au marché municipal de Johannesburg, Danie Meyer travaille depuis 1994 avec Alex Christodolides, de GROW BothaRoodt, rejoint par la suite par Ricardo Kotze. Il leur confie la commercialisation de ses kiwis, ainsi que de ses premiers volumes de kiwis rouges, plus petits que les variétés traditionnelles mais, selon lui, « aussi délicieux que des marshmallows ». « Alex comprend parfaitement l'industrie du kiwi », souligne Danie Meyer.
Nooyenskopje entretient également une relation de longue date avec Shoprite Freshmark, qui commercialise ses kiwis verts, jaunes et ses kiwiberries en automne. Une grande partie de la production leur est destinée. Danie Meyer apprécie particulièrement leur approche favorable aux producteurs. En retour, l'enseigne autorise le co-marquage de Nooyenskopje avec sa marque propre, un privilège réservé à un nombre limité d'acteurs du secteur.
Sur le marché local, l'engouement pour le kiwi jaune reste limité, à la surprise du producteur. « Je m'attendais à ce que le marché local absorbe une part importante des volumes de kiwis jaunes, mais les consommateurs semblent encore associer le kiwi uniquement à sa version verte. La demande n'a pas évolué comme le laissait prévoir le marketing », observe Danie Meyer.
Il ajoute : « Le kiwi jaune présente aussi un inconvénient : il est plus sensible et ramollit facilement en cas de choc, alors que le kiwi vert est beaucoup plus facile à manipuler. »
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Danie Meyer
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