Le secteur du transport belge est soumis à une pression énorme. Les prix du diesel ont grimpé en flèche depuis le début du mois de mars 2026 en raison des récents développements géopolitiques en Iran, avec une augmentation de près de 35 % par rapport au début du mois de mars et de plus de 42 % depuis le mois de janvier. Pour les entreprises du secteur, où les marges sont déjà minces, cela a un impact direct sur les liquidités et les coûts opérationnels.
Febetra, la Fédération des transports belges, tire la sonnette d'alarme. « Nous sommes très inquiets. Les différentes hausses du prix du diesel ce mois-ci ont un impact négatif important sur le prix de revient d'un transport qui augmente de plus de 6 %. Il n'y a alors pas d'autre choix que de répercuter cette hausse sur le client. En effet, les transporteurs ne peuvent pas supporter cette hausse eux-mêmes puisque la marge bénéficiaire moyenne dans le secteur du transport est de +/- 2% », a déclaré Isabelle De Maegt de la fédération.

Johan Chrétien, du transporteur Rejo Fresh, confime qu'il n'y a effectivement pas d'autre choix. « Nos coûts de diesel ont fortement augmenté, ce qui se répercute directement sur notre prix de revient global. Une augmentation de 6 à 7 % de nos coûts de transport ampute complètement notre marge. Dans notre secteur, nous n'avons tout simplement pas cette marge. Nous sommes donc contraints de répercuter ces coûts supplémentaires sur nos clients. C'est une question de nécessité. »
Chrétien insiste sur le fait que la répercussion concerne uniquement les coûts supplémentaires, sans marge bénéficiaire. « Les surcharges carburant donnent un peu d'air, mais elles sont en retard sur la réalité. Sans cet ajustement, nos liquidités seront mises à rude épreuve. »
Vague de faillites
En raison des hausses successives du prix du diesel, Febetra demande donc un report de l'augmentation prévue des frais kilométriques en Flandre. « Sinon, une vague de faillites sans précédent menace », a averti Philippe Degraef, directeur de Febetra dans le média Flows. Les marges dans le secteur des transports sont traditionnellement minces. « Les fortes augmentations du prix du diesel, qui se succèdent à un rythme particulièrement rapide, prennent des proportions dramatiques, même pour les entreprises qui ont une clause diesel. »
Degraef affirme que si le gouvernement flamand n'a aucune influence sur le prix du pétrole, il peut donner un peu de répit en reportant la forte augmentation des frais kilométriques prévue pour le 1er juillet, qui augmenterait de 40 % pour un semi-remorque classique. « De nombreux transporteurs ont déjà du mal à garder la tête hors de l'eau. La Flandre a tout à gagner à ce que nos transporteurs restent financièrement aptes à faire fonctionner notre économie et notre société. »

Chrétien ne pense pas que la pression sur le secteur se relâche pour le moment. « Les troubles semblent se poursuivre pendant un certain temps au Moyen-Orient. Cela indique que la pression sur le secteur va également se maintenir pendant un certain temps. Pour les acteurs tels que nous, cela signifie qu'il faut sans cesse trouver un équilibre entre la pression sur les coûts et les relations avec les clients. »
Mesures de soutien
Michaël Reul, secrétaire général du groupe d'intérêt UPTR, commente la situation : « L'augmentation d'aujourd'hui exacerbe les difficultés des transporteurs à répercuter ces hausses de prix sur leurs clients. La guerre en Iran nous oblige à proposer une série de mesures qui aideraient les transporteurs à passer ce cap difficile. »
L'UPTR demande notamment la restitution de l'accise professionnelle de 56,32 €/1000 litres, ainsi que la différence entre le taux d'accise belge et le minimum européen (22,54 €/1000 litres) via le gasoil professionnel ou directement à la pompe. La fédération souhaite également l'extension du régime du diesel professionnel aux véhicules de plus de 3,5 tonnes, l'exonération des cotisations ONSS et du précompte professionnel sur la disponibilité du personnel et les primes de temps d'attente et de nuit, et l'extension de la réclamation directe afin que les sous-traitants puissent réclamer leurs factures directement auprès de l'expéditeur ou du destinataire.
En outre, l'UPTR demande un contrôle strict par le SPF Economie et Mobilité des donneurs d'ordre qui abusent de leur position dominante pour faire travailler les transporteurs à des prix inadmissiblement bas. « Nous demandons aux responsables politiques de ne pas perdre de vue le coût économique catastrophique à long terme. Sans action, de nombreuses PME du secteur des transports risquent la catastrophe. »
Pour plus d'informations :
Johan Chrétien
Rejo Fresh
Tél. : +32 51254472
[email protected]
www.rejofresh.be