La culture du kiwi s'impose comme une activité particulièrement rentable pour les agriculteurs des régions montagneuses de l'Inde, notamment dans l'Arunachal Pradesh, l'Himachal Pradesh, l'Uttarakhand et le Nord-Est du pays. Narendra Mohan, du département de l'agriculture du Bihar, souligne : « Il ne s'agit plus d'une culture de subsistance, mais d'une production horticole commerciale, générant entre 15 500 et 26 000 dollars par acre. »
Selon Narendra Mohan, la production nationale se situe actuellement entre 16 000 et 18 000 tonnes, réparties sur environ 5 000 hectares. Le potentiel de développement reste toutefois important, alors que plusieurs États remplacent progressivement des cultures à faible rendement par des productions à plus forte valeur ajoutée. « L'Arunachal Pradesh représente à lui seul plus de 50 % de la production nationale. Le kiwi s'y développe à des altitudes comprises entre 800 et 1 500 mètres, sur des sols sablonneux avec un pH de 5 à 6,5 », précise Narendra Mohan. « La variété Hayward domine grâce à son calibre, sa chair verte et sa bonne conservation, tandis que les variétés Allison, Bruno et Monty répondent aux besoins du marché du frais et de la transformation », ajoute Narendra Mohan.
© Government of Bihar, India
La récolte s'étale de septembre à novembre selon les régions. « Les vergers matures produisent entre 10 et 15 tonnes par acre, avec des vignes pouvant atteindre 90 kg chacune », indique Narendra Mohan. Des pratiques culturales adaptées permettent d'optimiser les rendements : « Une taille biannuelle est généralement appliquée : en hiver pour structurer la floraison, puis en juillet pour maîtriser le développement végétatif. Ces techniques, associées à des systèmes de conduite en treillis en T ou en pergola, contribuent à améliorer la productivité », explique Narendra Mohan.
La taille des fruits reste néanmoins un défi. Les producteurs cherchent à y remédier notamment par la pollinisation artificielle, avec environ neuf ruches par hectare. « Les kiwis importés du Chili et de Nouvelle-Zélande conservent un avantage en termes d'uniformité et de douceur », reconnaît Narendra Mohan. « Cela se reflète dans les volumes : les importations ont dépassé 43 000 tonnes, contre une production nationale de 18 160 tonnes en 2023-2024. La production locale ne vise pas à remplacer les importations, mais plutôt à compléter l'offre », ajoute Narendra Mohan.
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Le développement du secteur reste freiné par des contraintes structurelles. En l'absence de chaîne du froid, d'irrigation au goutte-à-goutte ou de plants greffés de qualité, jusqu'à 70 % de la production serait perdue. « Il est toutefois encourageant de voir les gouvernements régionaux et le secteur privé s'impliquer », souligne Narendra Mohan. « Le plan d'action Inde–Nouvelle-Zélande pour le kiwi, mis en œuvre avec Zespri, a permis la création de centres d'excellence servant de vergers modèles, où sont testés de nouveaux porte-greffes et des techniques post-récolte », précise Narendra Mohan. Le complexe ICAR du Sikkim et l'Institut central d'horticulture du Nagaland proposent également des formations pratiques sur la taille, la gestion de la canopée et la pollinisation.
À plus long terme, les perspectives de croissance sont significatives. « La production pourrait être multipliée par dix, avec un taux de croissance annuel moyen estimé à 14,9 %, les organisations de producteurs s'efforçant de mieux connecter les marchés entre les États », conclut Narendra Mohan. « Le kiwi représente une véritable opportunité de développement économique pour les régions himalayennes. »
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Narendra Mohan
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