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André Bernard, ANIFELT :

« Les acteurs de notre filière se trouvent aujourd’hui dans une situation de crise profonde »

L'interprofession des fruits et légumes transformés (ANIFELT), qui a dévoilé à l'occasion de ses 50 ans cette année une nouvelle identité – devenant l'interprofession des fruits et légumes prêts – alerte sur une crise économique 'majeure' à l'approche des décisions de mise en culture pour la prochaine campagne. Producteurs et industriels constatent une dégradation rapide de leur situation (surfaces en baisse et pression sur les prix notamment), mettant en danger l'avenir des exploitations.

Des surfaces en baisse pour la campagne 2026
Dans la plupart des filières (l'ANIFELT qui représente les filières conserves, surgelés, déshydratés, compotes, confitures, confits, séchés… regroupe pas moins de 15 500 exploitations agricoles pour 2 millions de tonnes de fruits et légumes récoltées et livrées aux usines 30 % des légumes et 20% des fruits produits en France)), les discussions en cours sur les contrats de culture pour la campagne 2026 aboutissent à une réduction des surfaces mises en production, liée à un ajustement à la baisse des volumes contractualisés. Les légumes verts, la tomate et le maïs doux sont particulièrement concernés. Cette évolution intervient dans un contexte où la balance commerciale française des fruits et légumes prêts se dégrade année après année, avec un recours croissant aux importations pour couvrir les besoins. Si cette dynamique se poursuit, la contraction des surfaces et des volumes produits en France fragilisera directement l'équilibre économique des exploitations agricoles comme des outils de transformation, confrontés à des charges fixes élevées.

Une pression excessive sur les prix
Dans le même temps, les industriels subissent une forte pression de la distribution pour obtenir des baisses de prix, au nom de la préservation du pouvoir d'achat des consommateurs et d'un alignement sur les niveaux de prix pratiqués à l'international. Or les productions françaises sont en concurrence directe avec des produits issus de pays aux normes environnementales, sociales et réglementaires moins contraignantes. Pour les professionnels, l'effort en faveur du pouvoir d'achat ne peut toutefois pas reposer uniquement sur l'amont agricole et industriel : la prise en compte des coûts de production demeure indispensable pour garantir la viabilité des filières françaises. D'autant que cette pression sur les prix intervient dans un climat géopolitique incertain : les tensions au Moyen-Orient annoncent déjà une hausse du coût du carburant et de certains engrais, susceptible d'alourdir davantage les charges. « Ce ne sont que quelques centimes par unité de vente pour le consommateur. Mais ces quelques centimes peuvent compromettre la pérennité de nos productions sur le territoire. La souveraineté alimentaire ne se décrète pas : elle se construit chaque année dans les champs et dans les usines. Les décisions économiques prises aujourd'hui dans les négociations commerciales détermineront la capacité de la France à maintenir ces productions demain », explique André Bernard, Président de l'ANIFELT.

Une filière confrontée à un risque de déclin
Pour les acteurs de la filière, la situation est désormais critique. Au-delà de l'équilibre économique des entreprises, les professionnels alertent sur les conséquences pour la souveraineté alimentaire française. « Les acteurs de notre filière se trouvent aujourd'hui dans une situation de crise profonde, qui ne permettra pas, à moyen terme, d'assurer la pérennité de nos exploitations agricoles et de nos outils de transformation. Ce n'est pas seulement l'avenir de nos filières qui est en jeu, c'est aussi la capacité de la France à maintenir une production nationale de fruits et légumes prêts », précise André Bernard.

Une mobilisation de la filière pour la souveraineté alimentaire
Les professionnels de la filière prennent part aux travaux engagés par la ministre de l'Agriculture dans le cadre des conférences sur la souveraineté alimentaire, lancées par Annie Genevard en décembre dernier. L'ANIFELT est également impliquée dans le Plan de souveraineté fruits et légumes signé en 2023. Sur le terrain, les acteurs pointent toutefois un décalage entre ces ambitions et la réalité économique. L'interprofession souhaite également un déploiement rapide et complet du plan de souveraineté fruits et légumes, avec en priorité la mise en œuvre des mesures déjà identifiées : accès à des solutions de protection des cultures efficaces, soutien à la recherche, à l'innovation et à l'expérimentation (notamment via le PARSADA), encouragement des investissements agricoles et industriels en faveur d'une filière durable et décarbonée, ainsi que la dynamisation de la consommation de fruits et légumes sous toutes leurs formes.


© ANIFELTPour plus d'informations :
ANIFELT
44 Rue d'Alésia, 75014 Paris
anifelt.fr

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