Dans le Sud de la France, arboriculteurs et vignerons sont touchés par le gel

Dans la nuit de mardi à mercredi, le thermomètre est descendu jusqu'à -4°C, dans le Pays d’Arles. Cette chute de la température a eu de graves conséquences sur les productions de la région.

« Sur nos terres de l'île Saint-Pierre, nous avons eu 25 à 30 ha complètement gelés et 30 ha touchés à 70 % », précise Julien Henry, vigneron. « Les parcelles proches du Rhône ont été plus protégées par la chaleur de la masse d'eau du fleuve que celles plus dans les terres. La vigne va faire des feuilles mais pas de fruits. Pour cette année, ça ne changera rien car nous vendons le vin des vendanges de septembre 2019. Mais pour l'an prochain, la récolte sera forcément impactée. L'année sera difficile avec la surtaxe des États-Unis de 25 % sur le vin français et la crise du coronavirus qui impacte nos ventes. Maintenant, c'est le gel qui couronne le tout ».

Plusieurs domaines ont été touchés, seules les vignes de la vallée des Baux ont été épargnées par le gel « en raison d'un petit vent qui a empêché l'humidité de monter », précise Caroline Missoffe, du Mas de la Dame et présidente de l’appellation.

Une grosse partie de la production pourrait être perdue, comme le constate Henri Milan, à Saint-Rémy-de-Provence : « Tous les cépages qui ont une pousse précoce sont touchés à 80 %, les grenaches et les merlots principalement. Les cépages qui débourrent plus tardivement semblent moins touchés. On verra dans les jours qui viennent. Au total, sur les 20 ha, 40 % de la production seront perdus. Comme beaucoup de vignerons, je ne suis pas assuré contre le gel, je préfère prendre le risque. Mais on ne perd pas espoir même si cela demande un gros travail dans le vignoble pour tout remettre à niveau. Heureusement, j'ai du stock, de quoi tenir un an. C'est mon assurance à moi, mais tout le monde n'a pas de stock, car les entreprises sont pénalisées si elles en ont ».

Les arboriculteurs ont eux aussi été touchés par le gel. Dans les champs de Patrice Vulpian, plus de 50 % des abricotiers ont été touchés. « Je vais perdre 200 tonnes d'abricots, 60 % de la production de ce fruit », explique-t-il. « Les pêchers sont aussi touchés mais dans une moindre proportion. Nous allons faire une déclaration de sinistre et attendre de voir si l'état de calamité agricole est déclaré. En espérant que nous soyons éligibles. Nous savons que jusqu'au 15 avril, il y a un risque de gel. Mais la semaine dernière, il a été particulièrement violent en raison du fort taux d'humidité dans l’air ».

Afin d’obtenir une indemnisation, la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône a demandé aux exploitants de faire remonter les informations sur les préjudices subis. En revanche, seuls les arboriculteurs pourront en bénéficier, les vignes n'étant pas éligibles à ce dispositif.

 


Source : laprovence.com


Date de publication:



Receive the daily newsletter in your email for free | Click here


Other news in this sector:


© FreshPlaza.fr 2020

Abonnez-vous à notre lettre d'information quotidienne pour vous tenir informé(e) des dernières actualités!

S'abonner Je me suis déjà inscrit(e)