Leader européen des produits à base de tomate et numéro un en France, le groupe italien Mutti a bouclé une campagne de production 2025 « historique ». Massimo Perboni, directeur agricole du groupe, et Sophie Badault, directrice générale France & Benelux, reviennent sur l'année écoulée, les perspectives pour 2026 et surtout les raisons de ce succès sur le marché hexagonal.
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Mutti signe une année 2025 « record »
© MuttiAprès une campagne 2024 particulièrement difficile, marquée par des conditions météorologiques défavorables, Mutti a enregistré une récolte 2025 record. En juin 2024, des précipitations excessives avaient particulièrement affecté les zones de production du nord de l'Italie et de la région de Parme, alors que les tomates étaient déjà plantées, entraînant une perte de production d'environ 20 %, rappelle Massimo Perboni. En 2025, les volumes récoltés durant l'été auront permis au transformateur italien de rééquilibrer la situation. À l'issue de cette campagne, Mutti affiche ainsi une augmentation de 10 % des surfaces consacrées à la tomate et un volume record de plus de 728 000 tonnes de tomates transformées, contre 565 000 tonnes en 2024. Malgré quelques inquiétudes en cours de campagne, la qualité a également été au rendez-vous. « Les principaux défis été liés aux conditions météorologiques et aux températures élevées enregistrées en juin. La récolte a bien démarré, mais en août, des conditions moins favorables nous ont fait craindre une pénurie de tomates. Nous avons alors décidé d'investir davantage pour garantir une matière première de haute qualité », explique Massimo Perboni. La campagne s'est finalement conclue par des tomates d'excellente qualité, avec un niveau de Brix moyen record, et des volumes conformes aux objectifs les plus ambitieux du groupe.
La France : le plus gros marché à l'export de l'entreprise
© MuttiLa France constitue aujourd'hui le premier marché à l'export, du groupe Mutti. En 2024, la société y a réalisé 83 millions d'euros de chiffre d'affaires, sur un total de 703 M€. Présent sur le marché français depuis les années 1980, Mutti a créé sa filiale française en 2012, inaugurée l'année suivante. En l'espace de cinq ans, le poids de la filiale a doublé. Et la dynamique reste soutenue en 2025, avec une croissance de 17 % enregistrée dès le mois d'avril. « La famille Mutti a toujours entretenu des liens très particuliers avec la France », souligne Sophie Badault. Une relation de long terme qui trouve un écho auprès des consommateurs français, dont la demande ne cesse de progresser. Le groupe justifie ce succès par un positionnement axé sur la qualité des produits et la transparence sur l'origine. « Chaque produit Mutti est un gage de qualité et d'authenticité. Ces piliers sont particulièrement pertinents et bien établis sur le marché français », précise la directrice. À l'heure de la chasse aux produits ultra-transformés, Mutti parie sur des recettes saines et simples : sans sucre ajouté, sans conservateurs, sans additifs, et affichant un Nutri-Score A. Déjà leader sur le marché français, Mutti entend désormais consolider ses positions, tant auprès des consommateurs, que sur le segment de la RHD. « Mutti dispose encore d'un fort potentiel en France », reconnaît Sophie Badault.
Quelles perspectives pour la campagne 2026 ?
En 2025, les surfaces consacrées à la tomate ont progressé de 10 %, une hausse inédite pour le groupe. « Cette augmentation est un record et constitue un signal très positif. Elle montre que les agriculteurs considèrent de plus en plus la tomate comme une culture intéressante et rentable en Italie », explique Massimo Perboni. Au cours des cinq dernières années, la valeur attribuée à la filière aurait augmenté de 63,79 %, passant de 87 €/tonne en 2020 à 142,50 €/tonne en 2025.
Cependant, il reste difficile d'estimer si cette tendance se poursuivra dans les années à venir. « L'un des principaux défis de la production de tomates en Italie reste le changement climatique, avec des conditions de plus en plus extrêmes qui peuvent fortement affecter les terres », souligne-t-il. À cela s'ajoute la nécessité de préserver un équilibre entre l'offre et la demande, afin d'éviter une surproduction susceptible de peser sur la valorisation du produit. « La planification de la prochaine saison est toujours en cours, mais l'augmentation enregistrée cette année est encourageante », précise Massimo Perboni. Pour la campagne 2026, le groupe entend avant tout maintenir son niveau d'exigence en matière de qualité. « Comme les années précédentes, notre objectif sera de tout mettre en œuvre pour produire des tomates de la plus haute qualité. Nous souhaitons poursuivre notre développement, mais cela ne sera possible qu'avec le soutien de nos agriculteurs », insiste le directeur agricole.
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La production du groupe est 100 % italienne. Les 3 sites de transformation sont tous situés à moins de 110 km des champs de tomates, les deux premiers dans la région de Parme à Montechiarugolo et Collecchio et le 3e à Oliveto Citra dans le sud de l'Italie
Une croissance plus importante à l'étranger qu'en Italie
Les exportations représentent désormais 59 % du chiffre d'affaires total de Mutti, contre 38 % en 2019. « Cette évolution prouve que Mutti est devenu un véritable leader international, avec une croissance plus importante à l'étranger qu'en Italie même », souligne Massimo Perboni. Présente dans plus de 100 pays, l'entreprise familiale fondée à Parme en 1899 continue de gagner du terrain à l'international. Si 80 % de la production est écoulée en Europe, où Mutti est implanté dans huit pays, le groupe est également actif sur les marchés australien et étasunien. Le développement hors Europe s'inscrit dans une stratégie engagée depuis le début des années 2000. « Ces dernières années, nous avons enregistré une croissance régulière au Royaume-Uni et en Pologne, ce qui nous a conduits à y ouvrir des filiales commerciales », précise Sophie Badault. Le groupe poursuit par ailleurs ses investissements au Canada et au Japon, deux marchés identifiés comme porteurs, pour les années à venir.