Malgré l'annonce d'un cessez-le-feu, les exportations indiennes de bananes vers les pays du Golfe restent fortement perturbées. En cause : l'explosion des coûts logistiques, explique Sagar Rajput, de Kulswamini Fruit Export, basée à Solapur. « Les perturbations liées au conflit ont pratiquement paralysé les exportations indiennes de bananes vers l'Iran et les pays du Golfe : environ 95 % des expéditions sont à l'arrêt depuis plus d'un mois. »
Selon Sagar Rajput, environ 1 200 conteneurs ont été expédiés durant la période de forte demande du Ramadan, dont une grande partie sous conditions de crédit avantageuses. Lorsque la situation s'est dégradée, ces cargaisons ont été retournées après le 28 février, date du déclenchement du conflit. « À ce moment-là, les coûts cumulés — fret retour, frais de connaissement (BL) et droits de douane — dépassaient la valeur de la marchandise. Les fruits ont donc dû être détruits, entraînant de lourdes pertes pour les exportateurs comme pour les producteurs. »
© Kulswamini Fruit Export
Les prix à la production en Inde restent très bas, autour de 0,03 USD/kg, tandis que les fruits destinés à l'exportation se négociaient entre 0,07 et 0,08 USD/kg lors de la semaine 15. « Dans le même temps, le coût du fret est passé d'environ 2 000 dollars à près de 11 000 dollars par conteneur. Et malgré le cessez-le-feu, les tarifs continuent d'augmenter. Cet écart rend les exportations totalement non viables », souligne Sagar Rajput.
Les ports de Bandar Abbas, Chabahar et Umm Qasr demeurent les principales portes d'entrée des bananes indiennes dans la région. Toutefois, les coûts à l'arrivée absorbent désormais l'essentiel des marges. « En Iran, les bananes se vendent autour de 12 à 13 USD le carton de 13 kg, contre environ 12 USD en Arabie saoudite, 10 USD en Irak et 12,2 USD sur le marché de Dubaï. La demande est forte et l'offre limitée, mais la hausse des prix ne compense pas le niveau du fret. »
© Kulswamini Fruit Export
Dans ce contexte, l'Inde perd des parts de marché au profit de concurrents comme l'Équateur et les Philippines. « Les politiques d'exportation stables de l'Équateur, le soutien gouvernemental en matière d'assurance maritime et des coûts de fret plus prévisibles lui confèrent un avantage évident. Les tarifs sont maîtrisés et le système est fiable, alors qu'en Inde, les exportateurs supportent l'ensemble des risques », explique Sagar Rajput.
Pour les opérateurs indiens, une reprise dépendra de deux facteurs clés : une baisse significative des coûts de transport et un soutien accru aux exportateurs et aux producteurs. « La demande du Golfe est bien présente et les prix sur les marchés de destination sont élevés, mais les bananes indiennes restent bloquées sur le territoire. Une baisse de 50 % des tarifs de fret, autour de 5 500 dollars par conteneur, changerait totalement la donne. À défaut, près de 90 % des exportateurs et producteurs continueront à subir des pertes importantes », conclut Sagar Rajput.
Pour plus d'informations :
Sagar Rajput
Kulswamini Fruit Export
Tél. : +91 96 65 563 423
[email protected]
Ameneh Sarzahi
Amu Mahan Energy
Tél. : +98 910 858 3235
[email protected]