L’application de la PAC par le gouvernement français inquiète les agriculteurs ariégeois

Alors que l’Union européenne planche actuellement à l’élaboration de la nouvelle politique agricole commune (PAC) pour 2023, les agriculteurs ariégeois s’inquiètent de son application future par le gouvernement français.

La Chambre d’agriculture de l’Ariège suit en effet de près la question du plan stratégique national (PSN) car la nouvelle PAC pourrait donner plus d’autonomie au ministère de l’Agriculture. Celui-ci pourrait ainsi choisir les mesures qu’il priorise. « L’agriculture représente 1 % du PIB européen, rappelle le président de la Chambre d’agriculture. C’est un domaine économique d’une importance capitale, mais le budget qu’on lui consacre ne suit pas. En réalité, il est créé pour que le consommateur trouve sur ses étals des produits à des prix abordables, et non pas pour bien rémunérer les agriculteurs », souligne Philippe Lacube, président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège. En bref, les agriculteurs ariégeois pensent que « la PAC 2023 et surtout son application risquent de creuser davantage ces inégalités de territoire ».

Par exemple, dans la rotation des cultures, la PAC demande à ce que les producteurs alternent quatre cultures différentes sur l’ensemble de leur exploitation. Mais « la France veut faire plus vert, elle veut donc gérer l’assolement à la parcelle et non plus à l’exploitation », indique Rémi Toulis, président de la FDSEA 09. « Ce qui veut dire que sur une seule parcelle, il faudra produire quatre cultures différentes sur cinq ans ».

De même pour les surfaces peu productives qui sont actuellement « évaluées au prorata, suivant ce qui peut empêcher la ressource fourragère », s’exclame Sylvain Denjean, administrateur au sein des Jeunes agriculteurs de l’Ariège. Les agriculteurs sont contrôlés sous cinq ans par un inspecteur après avoir déclaré les surfaces peu productives de leur exploitation. « Sur notre territoire, il y a eu extrêmement peu d’abus. Ces aides représentent 50 % des aides de la PAC sur le département », indique Sylvain Denjean. Le nouveau système, intitulé Lidar, contrôle les parcelles par vision satellite : « Dans les surfaces caillouteuses, boisées et/ou pentues, comme on a sur les coteaux Ariégeois, les satellites n’arrivent pas à identifier ces parcelles particulières. Elles ne sont donc pas classées. On a peur que ces parcelles soient exclues. On va encore changer de méthode, alors que celle-ci fonctionne ! Il faut de la cohérence dans l’application des règles publiques. »

La chambre de l’agriculture, la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles d’Ariège) et les Jeunes Agriculteurs de l’Ariège ont rencontré la préfète de l’Ariège, Sylvie Feucher, qui partage leurs inquiétudes et promet de faire remonter les revendications jusqu’au ministère.

« Tous essaient de nous obtenir un rendez-vous avec le ministre », précise Philippe Lacube. « L’impact risque d’être énorme, en Ariège, mais aussi en France, et ça risque de nous mettre en difficulté par rapport à d’autres pays européens. Le Covid a remis au goût du jour l’autonomie alimentaire. Mais pour nous, ce n’est pas un effet de mode : on ne lâchera rien. »



Source : ladepeche.fr


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