L'industrie des plantes aromatiques traverse une phase de transition au Maroc, alors que le pays sort de sept années de sécheresse. Au plus fort de cet épisode, plusieurs espèces avaient quasiment disparu du marché, avant de revenir aujourd'hui en abondance. Cette reprise reste toutefois complexe, les fortes précipitations compliquant les opérations culturales. Karim Belkheir Goutr, PDG de 4 Seasons Mediterranean Aromas, fait le point sur la situation.
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En 2025, les prix de nombreuses plantes aromatiques au Maroc ont fortement augmenté, tandis que certaines étaient devenues quasi introuvables, perturbant l'approvisionnement des marchés internationaux et des industries pharmaceutiques, cosmétiques et agroalimentaires. À titre d'exemple, les prix à la production de la menthe ont bondi de 200 %, ceux de la verveine de 150 % et ceux de la rose de 40 à 50 %. Certaines espèces, comme la mousse de chêne ou le lierre commun, ont même disparu temporairement du marché.
« La situation s'est améliorée avec l'arrivée de fortes pluies. La quasi-totalité des plantes sauvages s'est régénérée et sera disponible en abondance, notamment la menthe royale, l'Ammi visnaga, le thym sauvage, la mousse de chêne ou encore le romarin sauvage. Les pluies et la neige ont été très bénéfiques, surtout pour les plantes spontanées, même si les effets seront plus tardifs pour les cultures », explique Karim Belkheir Goutr.
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Comme pour de nombreux produits agricoles, la production a toutefois souffert dans les zones touchées par les inondations. « La région de Ksar Kebir, particulièrement affectée, concentre une importante production de menthe. Il en va de même pour la coriandre dans le Gharb. Les inondations ont provoqué des pertes significatives dans les cultures et les serres. Elles ont également perturbé les exportations, en raison des conditions climatiques défavorables dans les ports. Toutefois, les conséquences restent différentes de celles de la sécheresse : après des inondations, nous restons confiants », précise-t-il.
Selon Karim Belkheir Goutr, les effets d'une production abondante devraient bientôt se refléter sur le marché. « La prochaine campagne sous serre débute en mars, avec des perspectives de rendements élevés et une véritable reprise du secteur. Les plantes issues de régénération naturelle devraient particulièrement en bénéficier. Pour le romarin, on parle d'environ un million d'hectares. La commercialisation via des ventes aux enchères est gérée par l'Office national des eaux et forêts, avec un prochain cycle de récolte attendu en mai. »
« En plus des pluies, les chutes de neige ont été satisfaisantes, ce qui devrait permettre un retour à la normale des volumes pour les plantes dites de l'Atlas », conclut Karim Belkheir Goutr.
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