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Solarenn

Des perspectives de campagne encourageantes pour la tomate française

La coopérative Solarenn basée à Saint-Armel (Ille-et-Vilaine), qui fédère 25 maraîchers, a dressé, à l'occasion de sa conférence de presse annuelle, le bilan de la campagne écoulée et les perspectives pour 2026, entre évolution des gammes, diversification, investissements industriels et réflexion autour des enjeux énergétiques.

© Solarenn
Ronan Collet et Isabelle Georges

Une année 2025 mitigée
« L'année 2025 est à l'image de notre météo bretonne », résume Ronan Collet, Président de Solarenn. « Une année plutôt mitigée avec des périodes de beau temps et d'autres un peu moins belles. » En 2025 la coopérative a enregistré un chiffres d'affaires 55 millions d'euros, en recul par rapport aux 57 millions de 2024. La coopérative a commercialisé 22 000 tonnes de tomates, 150 tonnes de fraises et 25 000 tonnes de mini-pastèques.

Les difficultés se concentrent sur le segment des petits fruits, en particulier la tomate cerise. Malgré une production satisfaisante, la commercialisation s'est tendue dès le mois de mai, sous l'effet de la concurrence, marocaine principalement. « D'autant que le calendrier de commercialisation de la tomate marocaine s'allonge d'année en année ». Après une éclaircie durant l'été, l'arrivée précoce de l'automne a de nouveau porté un coup à la demande. « Les consommateurs se sont rapidement détournés », observe le président. La présence du virus ToBRFV – avec sept cas recensés – aura également pesé sur la campagne avec des pertes de rendements, ainsi que la baisse des volumes en fraises liée à la réduction des surfaces cultivées.

© Solarenn

Quel bilan pour la barquette souveraine ?
La coopérative est également revenue sur l'initiative de la barquette souveraine, lancée début 2025. Ce format commun de 250 g, porté collectivement par plusieurs opérateurs français regroupés sous l'AOP nationale Tomates et Concombres de France, vise à renforcer la visibilité de l'origine France en rayon face à la concurrence marocaine. « L'idée est de susciter un acte d'achat citoyen », rappelle Ronan Collet. Positionnée à 1,29 €, contre environ 0,99 € pour son équivalent marocain, elle arbore le slogan « Oui à la souveraineté alimentaire française ». Bilan un an après son lancement ? « Ce n'est ni fulgurant ni exceptionnel, mais c'est plutôt encourageant pour un démarrage », estime Ronan Collet. Solarenn a écoulé un peu plus de 800 000 barquettes en 2025, pour un total d'environ 4 000 tonnes au niveau national. « Certaines enseignes ont joué le jeu, d'autres un peu moins », ajoute-t-il. Pour 2026, la coopérative espère doubler voire tripler les volumes. « Nous avons déjà des engagements de la GMS donc nous savons que nous allons en vendre plus mais pas forcément combien », ajoute Ronan Collet, en l'absence d'engagements contractuels sur des volumes précis.

La gamme gourmande gagne du terrain
À l'inverse, la gamme gourmande, elle, se démarque. Composée de tomates côtelées, anciennes et Cœur de bœuf, elle représentait 35 % des volumes en 2025, contre 33 % en 2024. « C'est un segment qui fonctionne très bien et qui bénéficie d'un véritable engouement de la part des consommateurs », souligne Ronan Collet. La campagne s'est déroulée de manière fluide jusqu'à la mi-août, avant de subir, elle aussi, l'impact de la météo. Face à cette dynamique, les producteurs ont donc choisi en 2026 de réduire leurs surfaces en tomates cerises au profit des variétés côtelées.

La gamme classique, dominée par la tomate grappe reste stable sans véritable évolution. « Ce n'est ni exceptionnel ni mauvais », indique Isabelle Georges. « C'est le produit promotion par excellence en TG toute l'année, un basique du rayon. » Malgré ses rendements élevés, pouvant être deux à trois fois supérieurs à ceux des petits fruits elle perd de l'intérêt auprès des producteurs faute de valorisation suffisante en GMS. Conséquence : les volumes reculent. « Nous sommes revenus aux tonnages du début des années 2000. »

Parallèlement, la tomate bleue-violette « Blue Tonic », lancée en 2025 sur de petites surfaces, sera reconduite en 2026 avec une légère montée en puissance. « Elle a trouvé sa place chez les grossistes », confirme la directrice.

© Solarenn

Quelles perspectives pour 2026 sur le marché de la tomate ?

Les premiers indicateurs de la campagne 2026 apparaissent encourageants. La météo favorable, conjuguée à la baisse des volumes de tomates marocaines – conséquence des intempéries survenues fin février dans la région du Souss-Massa – « nous permet d'être plus sereins », explique Ronan Collet. La montée en puissance des volumes français est en cours et devrait se poursuivre progressivement dans les semaines à venir.

Une incertitude majeure demeure toutefois : celle des coûts de production. « Nos coûts vont augmenter, nous le savons, mais nous ignorons dans quelles proportions », souligne le président. L'énergie restant le premier poste de charge en serre, les producteurs ajustent leurs pratiques en conséquence. « Nous savons nous adapter en consommant moins d'énergie lorsque c'est nécessaire », précise-t-il. Les arbitrages restent néanmoins propres à chaque exploitation. « Les producteurs s'adaptent en fonction du marché, de leurs contraintes et de leurs systèmes de chauffage », poursuit Ronan Collet. Autre inconnue : le comportement du consommateur, qui face à la flambée des prix du carburant « sera certainement amené à faire des arbitrages dans ses achats ».

Résistance et diversification au programme de la R&D
« Avec la création du service qualité-technique et R&D en 2024 aujourd'hui nous avons une vraie stratégie », explique Isabelle Georges. Solarenn cofinance ainsi des essais dans les stations expérimentales régionales du CATE et de Terres d'Essais. L'objectif est double : répondre aux attentes du marché et renforcer la résistance au ToBRFV. En 2025, la coopérative comptait 80 % de variétés résistantes. Elle continue également ses objectifs de diversification. Après la mini-pastèque, elle explore désormais la myrtille. « L'objectif reste de proposer des cultures adaptées à des outils existants, devenus moins performants pour la tomate », précise Ronan Collet.

En parallèle, Solarenn expérimente une solution de détection automatisée des ravageurs, en particulier des aleurodes, basée sur l'intelligence artificielle et développée par la société Biobest (solution Trap-Eye). Le dispositif s'appuie sur des panneaux englués équipés de caméras positionnées en vis-à-vis, permettant d'identifier les insectes piégés et d'en quantifier la présence. « Cela permet de localiser précisément les foyers et d'intervenir rapidement de manière ciblée », explique Isabelle Georges.

Réduction de la consommation énergétique
La question énergétique est au cœur des réflexions de la coopérative depuis plusieurs années maintenant. « En 25 ans, nous avons réussi à produire autant, voire plus, en consommant deux fois moins d'énergie », rappelle Ronan Collet. Fin 2024, la coopérative a recruté une ingénieure dédiée aux enjeux environnementaux, énergétiques, à la gestion de l'eau et des déchets. Résultat : en station par exemple, Solarenn a pu réduire sa consommation énergétique de 3 % via un logiciel de pilotage du groupe froid alimenté par l'IA.

Un travail individuel est également mené avec chaque serriste sur les enjeux énergétiques de chacune des exploitations afin d'adapter les stratégies en fonction des équipements et des modes de chauffage. Parmi les pistes explorées : photovoltaïque ou encore pompes à chaleur. L'objectif est de réduire la dépendance au gaz naturel en pariant sur le mix énergétique récupération de chaleur fatale, méthanisation, électrification des sources d'énergie… A date 68% des serres Solarenn sont équipées de chaudières à cogénération qui produisent de l'électricité et de la chaleur, 10 ha de serres sont, en partie, chauffées avec du biogaz issu de 2 méthaniseurs. 2 chaudières bois (biomasse) ont été installées chez nos producteurs.

© Solarenn

Robotisation au service de la performance et de l'humain
La coopérative également a investi 500 000 euros pour moderniser son outil de conditionnement. Un robot d'encaissage a été installé pour augmenter la capacité de production et réduire la pénibilité. Il peut traiter 80 barquettes par minute, le bras pouvant saisir 10 barquettes à la fois. Une nouvelle ligne de conditionnement a également été installée pour les colis 1 kg. Et enfin un outil numérique de traçabilité (terminaux portables) a été mis en place afin d'assurer un suivi en temps réel des flux et de la production. « Nous sommes désormais capables de suivre la tomate de la serre jusqu'au conditionnement », précise Isabelle Georges.

La courgette rejoint l'offre bio
La gamme bio, qui représentait 2 % du chiffre d'affaires en 2025 et reposait principalement sur la tomate cerise, s'élargit cette année avec l'arrivée de la courgette. Lancée en 2025, cette dernière a été commercialisée à hauteur de 5 tonnes. Les tomates cocktail ainsi que les variétés côtelées noires et rouges, absentes depuis trois ans, font également leur retour. Ces évolutions s'inscrivent dans un contexte de reprise du marché. « On sent que ça repart en bio », confirme Isabelle Georges. « Nous travaillons principalement avec la GMS et nous constatons une recherche pour ces produits. »

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