Face aux défis climatiques, agronomiques et réglementaires, le sol s'impose désormais comme un levier central dans la conduite des systèmes de production. C'est dans cette optique que le CTIFL organise une rencontre technique dédiée au sol et à l'agroécologie sur son site de Carquefou. Une journée pensée comme un véritable temps fort pour accompagner la filière fruits et légumes dans la compréhension et la valorisation de ce compartiment longtemps sous-exploité mis sur un second plan
Une demande croissante de la filière autour du sol
C'est la première fois que le CTIFL organise une journée centrée autour du sol, impulsée par l'intérêt croissant de la filière pour le sujet : « Il y a une demande professionnelle qui émerge, un mouvement de fond de plus en plus marqué par rapport à ce compartiment sol. L'idée de cette journée est de montrer comment on peut le comprendre, le mesurer et en faire un allier dans la conduite des systèmes de production », explique Marie-Cathy Eckert, responsable de l'axe agroécologie et systèmes de production au CTIFL.
Historiquement très actif sur la filière légumes, le CTIFL étend désormais cette approche à l'arboriculture. Une évolution logique, portée par des enjeux similaires de résilience et de performance. Cette rencontre technique s'inscrit dans la continuité des actions menées par le CTIFL autour de l'agroécologie. Initialement amorcée pendant la période Covid, la démarche se poursuit avec une journée de restitution de résultats en 2026. « Cette journée à Carquefou prolonge ces temps forts, avec un focus plus spécifique sur le sol ».
Le sol, un levier de résilience face aux changements climatiques
Pour Charlotte Berthelot, responsable de la thématique sol au CTIFL, « le sol peut représenter un véritable gain de résilience, que ce soit face au changement climatique ou encore à la gestion de l'eau. Se soucier de la santé du sol permet également d'accéder à une meilleure résistance aux maladies et ravageurs telluriques ». En somme, l'objectif est clair : apprendre à connaitre ce compartiment sol pour tendre vers une plus grande autonomie des systèmes de production, notamment sur le volet nutrition.
Mais cette approche implique un changement de paradigme. « Avec le sol, nous sommes dans une approche système. Il s'agit d'agir sur différents leviers et points d'appui dans les itinéraires techniques pour améliorer durablement les performances agronomiques ».
Un programme structuré entre théorie et terrain
Organisée en deux temps, la journée débutera par une matinée de conférences au centre de La Fleuriaye, suivie d'un après-midi terrain sur le site de Carquefou. Cinq ateliers thématiques d'environ 30 minutes permettront d'explorer les principaux enjeux liés au sol : couverture des sols, biostimulation, gestion de l'eau dans un contexte de changement climatique et santé des sols. Un espace actuellement en construction donnera l'opportunité aux laboratoires d'analyse de venir présenter leur expertise.
« L'objectif est que chaque participant puisse assister à l'ensemble des ateliers, avec des formats courts et dynamiques ».
Maraîchage et arboriculture : des enjeux spécifiques mais convergents
Si les connaissances sont aujourd'hui plus avancées en maraîchage, notamment en raison de rotations rapides et de problématiques de fertilité exacerbées, l'arboriculture suscite un intérêt croissant. « Dans les vergers, il y a beaucoup de questionnements sur le volet dépérissement d'un certain nombre d'espèces, qui n'est pas toujours d'origine sanitaire. Deuxième constat, avec le changement climatique, apparaissent des désordres physiologiques de plus en plus impactants au niveau des vergers, occasionnant des dégâts atypiques et importants sur les fruits ». Dès lors, la gestion du sol apparaît comme un levier clé pour réguler ces effets, intégrant les contraintes et spécificités de chaque système de production (ex : récolte au sol pour les fruits à coque vs récolte dans les arbres pour les fruits à pépins et noyau).
Vers des indicateurs objectifs de la qualité des sols
Au-delà des pratiques, l'un des enjeux majeurs réside dans la capacité à mesurer et objectiver l'état des sols. « Nous travaillons aujourd'hui à identifier des bioindicateurs pertinents pour caractériser le fonctionnement du sol ». Cette démarche répond également à une pression croissante des cahiers des charges et des exigences RSE. « Notre rôle est de proposer des référentiels et des indicateurs objectifs. Ensuite, chaque acteur de la filière pourra se les approprier selon ses besoins ».
Avec une centaine de participants attendus – producteurs, techniciens, conseillers, enseignants ou encore chercheurs – cette journée s'annonce comme une étape supplémentaire vers une agriculture plus résiliente, où le sol retrouve la place centrale qui lui revient dans un système de production.
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