La pénurie de main-d'œuvre, la hausse du coût des intrants et la complexité des solutions autonomes existantes exercent une pression croissante sur les exploitations agricoles australiennes. Pour Dale Creed, chef de produit chez FieldSense Robotics, ces défis définissent précisément le rôle du FSR 150.
« Les exploitations agricoles font face à des contraintes sur plusieurs fronts », explique Dale Creed. « Qu'il s'agisse du recrutement et de la fidélisation de la main-d'œuvre, de l'augmentation des coûts des intrants ou encore des solutions d'autonomie disponibles sur le marché, souvent coûteuses ou difficiles à mettre en œuvre. »
© FieldSense Robotics
Le FSR 150 a été conçu pour répondre à ces enjeux, avec une approche axée sur l'accessibilité plutôt que sur des solutions haut de gamme exclusives. « Notre objectif est d'accompagner les agriculteurs, de les aider à maîtriser les coûts de main-d'œuvre et des intrants, tout en leur proposant une solution autonome simple et économiquement viable », précise Dale Creed.
Cette volonté d'accessibilité est au cœur du projet. « Nous voulons que cette technologie ne soit pas réservée à une minorité, mais qu'elle soit accessible à toutes les exploitations. Le positionnement tarifaire doit rester compétitif par rapport aux autres solutions d'autonomie disponibles sur le marché », souligne Dale Creed.
Lors de son lancement, le système est principalement dédié à la pulvérisation, une application jugée particulièrement pertinente pour débuter. « Nous avons choisi de commencer par l'automatisation de la pulvérisation générale. L'agriculteur configure ses parcelles, sélectionne la fonction, et le système exécute automatiquement les passages », explique Dale Creed.
Le fonctionnement repose sur une intervention humaine minimale. « Lorsque le réservoir est vide, le système le détecte et retourne automatiquement à une station de remplissage. Il peut ainsi continuer à fonctionner jusqu'à épuisement du réservoir principal », ajoute Dale Creed.
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Mais la pulvérisation ne constitue qu'une première étape. L'un des atouts majeurs du FSR 150 réside dans sa conception modulaire, qui permet d'élargir progressivement ses usages. « Notre système repose sur une architecture ouverte, capable de s'adapter à différents types d'outils », précise Dale Creed. « L'agriculteur peut commencer par la pulvérisation, puis intégrer d'autres fonctionnalités selon ses besoins, que ce soit au fil de la saison ou même d'une semaine à l'autre. »
L'objectif est d'apporter un soutien aux opérations agricoles sans bouleverser les pratiques existantes. « Nous le considérons comme un outil complémentaire. Lors des périodes de forte activité, il permet de réaliser des tâches qui, autrement, pourraient rester inachevées », indique Dale Creed.
Au-delà des opérations mécaniques, le FSR 150 se positionne également comme un outil d'aide à la décision. « Il ne se limite pas à la pulvérisation. Il collecte aussi des données sur la santé des cultures, la productivité et d'autres indicateurs agronomiques ». Grâce à des capteurs et des caméras embarqués, le système recueille des informations à chaque passage. « Plusieurs analyses sont réalisées simultanément, ce qui permet aux agriculteurs d'avoir une vision plus précise et continue de l'état de leurs parcelles ».
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La technologie repose sur une expertise issue d'autres secteurs. « Notre équipe a développé des applications de niveau militaire. Nous adaptons aujourd'hui ces technologies pour répondre aux besoins du secteur agricole », ajoute Dale Creed.
Pour ce dernier, l'enjeu reste avant tout économique : « Mon rôle consiste à travailler avec les acteurs du secteur pour garantir l'adéquation du système avec leurs besoins et assurer un retour sur investissement. »
Les premiers retours terrain sont encourageants. « Les premiers cas d'usage ont été bien accueillis. Nous allons poursuivre le développement du système, en commençant par la pulvérisation, puis en élargissant progressivement à d'autres applications afin de couvrir l'ensemble des besoins de l'exploitation », conclut Dale Creed.