Un producteur de tomates de Loire-Atlantique jette sa récolte

Près de Nantes, Marc André Goulay, maraîcher sur la commune de Haute-Goulaine, a été contraint de jeter plusieurs tonnes de sa production de tomates : « En fin de semaine, il y a eu la destruction de plusieurs remorques de tomates sur mon exploitation. Souvent, les fruits mis en compost ne sont pas commercialisables, ils sont blessés, ils ont un défaut », explique-t-il.

Sauf que les dernières tomates sont en bon état ! La raison de ce gâchis est la surproduction : « il y a une surproduction momentanée de tomates et le marché s’est affaissé. Les volumes sont tellement importants, il y en a partout, plus personne ne sait quoi en faire. »

Le maraîcher précise que malgré le bon état apparent des produits, il s’agit de tomates de catégorie 2, avec un léger défaut. « Lorsque les produits de qualité extra n’arrivent pas à se vendre, on nous demande d’arrêter de conditionner ces produits-là parce que ce n’est plus commercialisable. Il faut se mettre dans la peau d’un acheteur, s’il peut avoir du très beau au prix du moche, il ne va pas se priver ! », confie-t-il.

Adhérent de la coopérative Océane qui regroupe une cinquantaine de maraîchers au sud de Nantes, Marc André Goulay ajoute que « fin août est la pleine saison de la production des tomates de jardin, et cette année, les particuliers ont beaucoup plus jardiné en raison du confinement ».

« Quand les coopératives ont des stocks énormes et qu’ils savent qu’ils risquent d’en détruire une partie ou de les brader, ils demandent à la production d’arrêter de conditionner. Malheureusement, les tomates sont mûres, elles sont belles mais on est obligé de les couper sinon on porte préjudice à nos futures récoltes. C’est le monde actuel, on aimerait tous lutter contre le gaspillage », regrette-t-il.

Camille Malbois, responsable marketing et communication chez Océane assure que la coopérative propose les surplus de légumes aux associations telles que les Restos du Cœur, qui viennent régulièrement chercher des colis d’invendus. « Depuis le début de l’année, cela représente des dizaines de milliers de colis donnés. Ils passent régulièrement », assure-t-elle.

Du côté du responsable des services techniques de la commune de Haute-Goulaine, on regrette que cela ait été fait sur un terrain privé. Ainsi, le gaspillage sort malheureusement de leur domaine d’intervention. « C’est la première fois que je vois cela en 38 ans d’expérience. C’est regrettable, à notre époque où les gens sont dans le besoin, ils seraient contents d'avoir un cageot de tomates », confie ce dernier. « Je vais conseiller aux élus de rappeler aux exploitants que dans la période actuelle, ils pourraient en faire un autre usage ».

 


Source : francetvinfo.fr


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