La campagne d'exportation d'avocats marocains s'est achevée sur un recul marqué de la production et des volumes expédiés, selon les estimations du secteur. Les exportations ont dépassé les 50 000 tonnes, tandis que la production totale est restée en dessous des 70 000 tonnes, soit une baisse d'environ 50 % par rapport à la saison précédente, caractérisée par des volumes nettement plus élevés.
Abdellah El Yamlaahi, directeur de l'Association marocaine de l'avocat, qualifie la campagne 2025-2026 d'« extrêmement difficile » pour les producteurs, avec des rendements et des volumes à l'export en net recul. « Les chiffres montrent une diminution significative de la productivité et des quantités destinées aux marchés étrangers par rapport à la performance exceptionnelle de la saison précédente », indique Abdellah El Yamlaahi.
Cette baisse s'explique principalement par des conditions climatiques défavorables, notamment les épisodes de vents chauds et secs du « Chergui » durant l'été, qui ont affecté le développement des vergers et réduit les rendements. Par ailleurs, les avocats marocains ont dû faire face à la concurrence de plusieurs origines — Israël, République dominicaine, Chili, Pérou et Espagne — sur les marchés européens, même si cette pression concurrentielle s'est atténuée en fin de campagne.
Les opérations d'exportation ont également été perturbées durant l'hiver par des fermetures temporaires du port de Tanger Med, liées aux conditions météorologiques, entraînant des retards dans les expéditions vers l'Europe. Les producteurs se tournent désormais vers la prochaine campagne, alors que les vergers sont actuellement en phase de floraison. Le niveau de production dépendra largement des conditions de croissance au cours des prochains mois.
La filière avocat a connu un développement soutenu ces dernières années, notamment dans les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et de Rabat-Salé-Kénitra, porté par des investissements croissants. Abdellah El Yamlaahi a également abordé la question de l'usage de l'eau, soulignant que les niveaux de production d'avocats restent comparables à ceux d'autres cultures au Maroc et qu'ils sont majoritairement concentrés dans des zones ne présentant pas de fortes contraintes hydriques.
Source : Hespress English