Les producteurs de mangues au Bangladesh se préparent à une campagne 2026 qui s'annonce record, avec une production attendue en hausse de 25 %, atteignant 2,7 millions de tonnes sur 204 000 hectares. Toutefois, l'envolée des coûts du fret aérien pourrait fortement pénaliser les exportations, selon Mohammad Kanchan Mia, de Arot Agro BD. « L'an dernier, la production avait atteint 2,2 millions de tonnes sur la période classique de mai à octobre, mais ni les agriculteurs ni les négociants n'ont dégagé de bénéfices en raison de la hausse des coûts de production, de l'énergie et des perturbations géopolitiques », explique Mohammad Kanchan Mia, précisant que les premières mangues précoces de Satkhira sont déjà présentes sur les marchés locaux.
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Les principales variétés destinées à l'exportation restent des références haut de gamme, comme l'Amrupali, hybride apprécié pour sa douceur, la Himshagar et la Khirsapat, reconnues pour leur richesse aromatique, ainsi que la Fazli, de fin de saison et de calibre plus important. Elles sont principalement cultivées dans des zones telles que Sapahar, Kansat, Chapainawabganj, Satkhira, les Chittagong Hill Tracts et Rangamati. « Les mangues issues de ces régions répondent aux exigences strictes des normes GlobalGAP, avec des pratiques sans pesticides et une gestion des sols conforme aux standards internationaux », souligne Mohammad Kanchan Mia. « Arot Agro adopte une approche multi-origines afin de valoriser les spécificités de chaque zone en termes de calibre, de taux de Brix, d'aspect visuel et de durée de conservation. »
Malgré ce potentiel, la compétitivité à l'export est aujourd'hui fortement compromise par les coûts logistiques. « Les tarifs du fret aérien vers le Moyen-Orient ont augmenté d'environ 30 %, atteignant 1,5 à 2,2 dollars par kilo. Pour l'Europe et le Royaume-Uni, ils sont encore plus élevés, entre 5 et 5,3 dollars par kilo. Quant au fret maritime vers le Moyen-Orient, il est passé de 2 800 à 6 200-6 400 dollars par conteneur », détaille Mohammad Kanchan Mia. « Mon activité d'exportation est quasiment à l'arrêt, car la hausse des coûts du fret aérien rend les opérations non viables. »
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Dans ce contexte, les mangues bangladaises peinent à rivaliser avec celles en provenance d'Inde ou du Pakistan, plus compétitives. « Les mangues conformes aux standards GlobalGAP impliquent des coûts de production élevés, et avec les niveaux actuels du fret, il devient impossible d'atteindre la rentabilité », constate Mohammad Kanchan Mia.
Arot Agro continue néanmoins de cibler plusieurs marchés, notamment en Europe — avec le Royaume-Uni, l'Italie et la France — ainsi qu'au Japon, en Australie, aux Émirats arabes unis et au Qatar. La demande pour des variétés bangladaises comme Khirsapat, Gopalbhog, Fazli, Himshagar et Amrupali y progresse, tandis que de nouvelles sélections, telles que Bari 4, suscitent également de l'intérêt.
« Le gouvernement bangladais est actuellement en discussion avec les compagnies aériennes afin de faciliter les capacités de fret avant le pic de la saison. Si la situation logistique s'améliore, le Bangladesh dispose du potentiel nécessaire pour approvisionner même les marchés les plus exigeants », conclut Mohammad Kanchan Mia, espérant que cette récolte exceptionnelle se traduira cette fois par des résultats économiques positifs.
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