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Adriaan Vis, de FruitMasters (Pays-Bas) :

« Les acheteurs et les consommateurs devront se rendre compte que la disponibilité a une vraie valeur »

FruitMasters a réalisé un chiffre d'affaires de 306 millions d'€ en 2025 avec un EBITDA de 9,3 millions. Le résultat net s'est soldé par un déficit prévu de 775 000 €, principalement en raison de charges d'intérêts plus élevées et d'un remboursement accéléré du financement du Smart Fruit Hub. Le CEO Adriaan Vis se dit « satisfait, mais pas comblé. »

© Fruitmasters

Réflexion sur les chiffres
« À la lumière de tous les défis géopolitiques et agricoles, je pense que nous considérons l'année écoulée avec un certain degré de satisfaction. Il est important de regarder en arrière, mais aussi bien sûr de se tourner vers l'avenir, qui s'annonce prometteur avec l'achèvement en 2025 de notre Smart Fruit Hub. Le chiffre d'affaires de 306 millions d'€ est supérieur de 0,5 % à celui de l'année dernière, ce qui nous rapproche de notre chiffre d'affaires record de 2024. Il s'agit d'une belle réussite pour une année qui a vu le lancement des nouvelles instatllations et le transfert progressif des lignes de production. Nous maintenons un bon résultat opérationnel malgré tous les défis externes. En particulier, les coûts de main-d'œuvre ont fortement augmenté. Nous avons notamment dû faire face à des augmentations de la convention collective de travail de 3 % en janvier et de 1,1 % en juillet. Les coûts des travailleurs temporaires, auxquels nos producteurs sont également confrontés, ont également grimpé en flèche ces dernières années. Grâce à l'automatisation du Smart Fruit Hub, nous parvenons déjà à amortir partiellement cette hausse des coûts. »

© Fruitmasters

Démarrage du Smart Fruit Hub
« Il y a eu quelques soucis au départ, mais je dois dire que les nouvelles techniques, telles que les camions sans conducteur et l'entrepôt à hauts rayonnages, nous ont posé relativement peu de problèmes. Nous nous sommes lancés en mai, peu avant la période de vacances estivales devant nous, ce qui, combiné à une main-d'œuvre quelque peu différente, a causé quelques défis. Toutefois, ces problèmes sont aujourd'hui en grande partie résolus. La livraison du projet a également été menée à bien dans les délais et le budget prévus. Quand on voit ce que nous avons réussi à mettre en place avec nos producteurs, nos clients et nos collègues tout en faisant tourner la boutique, je ne peux qu'être satisfait. »

Gros investissement
« Une de nos tâches en tant que coopérative est de prendre la régie pendant les périodes de concertation et de déterminer les étapes pour servir notre stratégie. Nous avons obtenu l'accord des producteurs pour cet investissement massif, ce qui nous a permis de le mettre en œuvre. Au vu des volumes traités aujourd'hui, nous pouvons tous être très heureux d'avoir pris cette mesure. Par conséquent, il n'y a plus eu guère de discussions à propos de l'ampleur du projet : elles ont plutôt fait place à un sentiment de fierté. »

© Fruitmasters

Diminution du nombre de membres
« Notre coopérative est elle aussi confrontée à une tendance démographique faiblissante, nos membres connaissant un problème de succession. En outre, les terres se font de plus en plus rares aux Pays-Bas et certains vergers disparaissent. Cela me préoccupe beaucoup. »

Culture de fraises en serre
« Les superficies de fraises sous serre se développe principalement chez les producteurs gérant leurs ventes eux-mêmes. D'une part, c'est lié à la consolidation des principaux canaux de commercialisation, qui entraîne la même reáction du côté de l'offre, qui se consolide également. D'autre part, il s'agit de producteurs qui souhaitent investir de manière plus décentralisée. Alors que nous avons opté pour un contrôle central du canal des subventions. Ce choix est sous-tendu par un plan commun qui s'étend jusqu'en 2029. A en croire les discussions actuelles autour du plan d'intervention sectoriel, il serait susceptible d'être ajusté dans les années à venir. Nous avons l'approbation jusqu'en 2029, contrairement à d'autres organisations de producteurs qui doivent demander l'approbation chaque année. »

Culture à l'étranger
« Pour nous, la culture néerlandaise reste primordiale. Toutefois, nous ne pouvons pas faire l'impasse sur l'internationalisation. Nous constatons par exemple que, du point de vue climatique, les saisons sont de plus en plus courtes, en particulier pour les petits fruits, les myrtilles et framboises en particulier. Comme nous tenons à maintenir notre prosition de fournisseur à la source, nous sommes attentifs aux opportunités qui se présentent à l'étranger. Notre devise 'un accord est un accord' avec nos clients est sacrée, nous devons donc prendre des mesures dans ce sens. Cela peut se faire de différentes manières et de préférence par l'intermédiaire de nos propres membres ou d'une entreprise établie et en croissance à l'étranger qui deviendrait membre de notre coopérative. »

Situation géopolitique
« Nous avons la chance d'avoir des partenariats avec nos clients depuis de nombreuses années, car ça bouge beaucoup du côté grande distribution. La situation est instable depuis des années, l'année 2025 en étant un exemple frappant. Encore plus avec la situation géopolitique actuelle, il est nécessaire de rechercher ensemble la qualité adéquate et la disponibilité des produits. Jusqu'à présent, nous y sommes parvenus, mais nous comprenons la tension de nos partenaires commerciaux. Ils devront, tout comme les consommateurs, s'habituer au fait que la disponibilité est plus qu'une simple définition et a une vraie valeur. Qui aurait pu s'imaginer que nous aurions à nouveau une discussion sur la disponibilité du carburant pour les véhicules ? Pourtant, aujourd'hui, la question se pose. Durant des décennies, nous avons vécu dans l'idée que tout était toujours être disponible. »

Évolutions significatives des marchés
« Notre croissance dans le secteur de la restauration et de la commodité se poursuit. Même si de nombreux consommateurs ont moins d'argent dans leur portefeuille ou le ressentent comme tel, la praticité reste important. Cela est également lié au changement de génération qui est en train de se produire. Les baby-boomers et la génération Z ont des modes et des habitudes alimentaires complètement différents. C'est à nous de faciliter la tâche des consommateurs d'aujourd'hui et de demain. Grâce à notre gamme, nous avons les moyens de le faire. »

Exportation de pommes Tessa vers la Chine
« Lorsque le premier conteneur de pommes est arrivé en Chine, il s'agissait d'une étape importante après un voyage incroyablement long et intensif. Maintenant, les portes sont ouvertes et nous devons développer ces exportations. D'un point de vue quantitatif, il s'agit bien sûr d'un marché énorme, dont il faut suivre les évolutions. Avec tous les marchés fermés, il est nécessaire d'explorer les alternatives, surtout si nous ne parvenons pas à inverser la tendance à la baisse de la consommation de pommes dans notre pays. J'espérais plus de la part de la nouvelle coalition. Elle intervient dans la nouvelle formation d'un gouvernement minoritaire, il faut donc lui donner une chance, mais ce que j'ai vu jusqu'ici ne m'enthouisasme pas des masses. L'histoire et les connaissances de la culture des fruits aux Pays-Bas sont si grandes, j'attendais vraiment plus de l'accord de coalition. Il est facile de parler de main-d'œuvre de qualité inférieure, mais ce sont bien ces femmes et ces hommes qui récoltent et emballent nos fruits ! Il ne faudrait pas rééditer le scénario des marins-pêcheurs !

Production biologique
« Je suis heureux que nous ayons franchi cette étape. L'année dernière, nous avons organisé notre symposium biologique à Mariënwaerdt, qui a attiré un grand nombre de participants et a donné lieu à de nombreuses discussions. Aujourd'hui encore, nous avons réussi à faire adhérer des producteurs, bien que la conversion soit un défi. À cela s'ajoute la pression sur les marges du côté des ventes, mais nous voyons de grandes ambitions biologiques chez nos clients et nous sommes toujours désireux d'y contribuer. »

© Fruitmasters

Agents de protection des cultures
« Concernant la réduction drastique des ressources phytosanitaires, nous faisons bien sûr entendre notre voix, même si nous n'avons pas pour vocation première de défendre les intérêts des agriculteurs. Nous participons à diverses consultations et actions de lobbying. Cette problématique pèse sur la filière depuis des années. Pour rendre le débat plus égal, je pense qu'il est plus important que jamais pour nous, producteurs de fruits, de dire au monde ce que nous sommes et ce que nous faisons. Et de ne pas nous battre contre chaque publication. Cette bataille demande beaucoup d'énergie et on ne la gagnera pas. Ces dernières années l'ont prouvé ! Mais quand je vois le nombre de participants à la récente Betuwe Blossom Walk (randonnée entre les parcelles fruitières en fleur) et le nombre de consommateurs qui ont fait la queue pour manger nos fraises et nos pommes Kanzi, je me dis que nous avons une belle histoire à raconter et un produit sain à proposer. »

Exigences en matière de LMR
« Nos clients vont parfois au-delà de la législation et nous demandent des niveaux de LMR supérieurs. Nous faisons tout notre possible pour les respecter. L'avenir nous dira si c'est tenable. Le secteur, les producteurs et notre coopérative font preuve d'une grande résilience et c'est à partir de cette force que nous devons agir. »

Regroupement de l'offre
« La collaboration entre acteurs est l'une des conditions les plus importantes pour que l'arboriculture fruitière conserve une place de choix dans l'économie néerlandaise. Cela vaut pour l'offre, pour la commercialisation et pour tout ce qui se trouve entre les deux. Surtout si l'on se place sur le plan international. Si des possibilités de regroupement se présentent, nous ne manquerons pas de les explorer. Nous devrons également rechercher les synergies entre organisations de producteurs. Parfois, cela demandera de faire passer la raison avant l'émotion, ce qui n'est pas toujours facile, mais impératif. »

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Commerce de gros
« Le marché au cadran reste toujours un sujet sensible. L'année dernière, avec nos membres, nous avons évalué notre décision d'arrêter ces ventes et la rétention de nos clients aux enchères. Globalement, cet examen a montré que c'était une bonne décision et que nous ne devions pas nécessairement revenir en arrière. Nous avons constaté une forte augmentation du nombre de nouveaux clients grossistes depuis le lancement de FruitMasters Wholesale et pensons donc être sur la bonne voie. C'est aussi la perception des producteurs. Cela a créé un public d'acheteurs différent. »

Fruit Tech Campus
« Nous sommes à l'origine du Fruit Tech Campus et faisons partie du conseil d'administration actuel. Cette initiative réunit les entrepreneurs et les universités autour d'un sujet commun : l'innovation. Toutefois même si vu de l'extérieur, cela paraît merveilleux, il est très difficile d'obtenir la participation des producteurs par le biais d'une adhésion. Nous continuons à penser que le projet est intéressant, mais sa rentabilité doit évoluer si nous voulons poursuivre. »

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Fraise de semence Sonrosa
« Grâce à un système de culture modernisé, Sonrosa permet une production stable et donne aux producteurs un meilleur contrôle de la saison. Tout le monde en voit le potentiel. A bien des égards, Sonrosa a fait ses preuves. Elle peut avoir beaucoup de succès sur le marché, mais il faudra du temps avant que de véritables volumes soient disponibles. De nombreux sélectionneurs sont actifs dans l'amélioration variétale de petits fruits. Nous-mêmes nous sommes lancés avec la framboise Rubin, qui a été baptisée Yumio. »

Perspectives
« Nous sommes confrontés à de gros défis, comme le prix du diesel, la discussion sur les ressources phytosanitaires et l'interaction avec nos clients. Il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas influencer, c'est pourquoi nous nous concentrons sur les problématiques qui sont de notre ressort. L'excellence opérationnelle doit être au centre de nos préoccupations : rendre le Smart Fruit Hub encore plus efficace et contribuer au développement d'exploitations avec les producteurs. Nous avançons également en matière de développement variétal. Nous avons un beau portoflio, avec la fraise Sonrosa, la framboise Yumio, les pommes Bloss, Tessa et Morgana, mais aussi Kanzi, la deuxième marque de pommes au monde. »

Et la poire Migo ?
« Pour être honnête, Migo n'a pas eu le succès escompté aux Pays-Bas, mais il existe un marché pour cette variété sur d'autres marchés d'exportation en Europe. Nous faisons donc tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir cette variété, tant auprès de nos clients que des producteurs. Par ailleurs, nous sommes toujours à la recherche d'une variété de poire alternative. »

Prestation de services
« FruitMasters doit se profiler de plus en plus comme un prestataire et encore mieux utiliser chaque mètre carré dont nous disposons, pour fournir des services à des tiers ou en transformant des produits contre-saison pour lesquels nous disposons déjà des machines nécessaires. »

© Fruitmasters

Aller de l'avant
« Je suis un vrai optimiste et je vois toujours le verre à moitié plein. Aujourd'hui, nous maîtrisons bien la situation. Cela se reflète dans notre résultat d'exploitation, nos effectifs et les chiffres de l'absentéisme. En même temps, nous ne devons pas nier les développements dans le monde et dans notre environnement immédiat. Les défis sont gigantesques et je pense qu'il est grand temps de réaliser que notre rôle doit se jouer dans et avec notre environnement. »

Pour plus d'informations :
FruitMasters
Tél. : +31 345578800
[email protected]
www.fruitmasters.com

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