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Quelles solutions possibles pour les producteurs ?

« Les volumes excédentaires de pommes de terre devront être gérés au sein des exploitations »

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Malgré les stratégies mises en place pour la valorisation et gestion des excédents en pomme de terre (méthanisation, alimentation animale…), force est de constater que cela ne suffit pas. La filière pomme de terre (CNIPT, Arvalis, GIPT et UNPT) s'est donc mobilisée pour proposer d'autres pistes aux producteurs. Quelles sont-elles ?

Dons, partenariat et méthanisation
Depuis le début de la campagne, les dons alimentaires sont possibles via l'association SOLAAL qui, en lien avec les interprofessions, a mis en place un réseau permettant la valorisation des pommes de terre. Annoncée au Salon de l'Agriculture également, le lancement de la plateforme Opbovins, via un partenariat UNPT/ FNPL (producteurs de lait) et la FNB (viande bovine), destinée à mettre en relation poducteurs de pommes de terre et éleveurs bovins. Anonyme, gratuite et sans commission, elle vise à favoriser des échanges de proximité pour l'alimentation animale. Les transactions, ponctuelles, sont juridiquement et sanitairement encadrées, avec des transporteurs recommandés pour sécuriser les flux.
Enfin, les unités de méthanisation sont régulièrement sollicitées pour absorber une partie des volumes. Les pommes de terre doivent être propres (sans terre ni cailloux) et, si possible, broyées ou écrasées pour faciliter leur incorporation. Elles doivent également être identifiées comme « pommes de terre déclassées » via une auto-déclaration. Les méthaniseurs disposant de plans d'approvisionnement déjà établis, il est recommandé de répartir les flux entre plusieurs unités et d'anticiper au mieux les livraisons en lien étroit avec les exploitants.

Quelles sont les autres possibilités ?
« Malgré tout, près d'un million de tonnes excédentaires ne pourront être absorbés », explique le CNIPT, contacté ce matin. « Les volumes excédentaires devront ainsi être gérés directement au sein des exploitations ». Dans ce contexte exceptionnel donc, d'autres solutions peuvent être envisagées directement à l'échelle de l'exploitation. Certaines pratiques agronomiques, habituellement peu mobilisées, peuvent toutefois être mises en œuvre à condition de respecter strictement les recommandations techniques et réglementaires. « Ces solutions restent des pratiques exceptionnelles et doivent nécessairement être encadrées afin d'éviter les impacts sanitaires sur le long terme ».

Épandage : l'épandage de pommes de terre non valorisées peut constituer une voie agronomique pertinente, permettant notamment de restituer des éléments fertilisants au sol. Cette pratique est encadrée par la réglementation relative aux fertilisants organiques (directive nitrates) et doit s'intégrer au plan de fumure de l'exploitation.

Elle nécessite des précautions importantes : choix de parcelles adaptées (éloignées des cultures de pommes de terre ou hors rotation), limitation des apports, respect des périodes d'épandage et traçabilité. Le broyage des tubercules est fortement recommandé afin de limiter les repousses et les risques sanitaires (mildiou, parasites).

Compostage : le compostage constitue une autre piste de valorisation, bien que plus technique et coûteuse à mettre en œuvre. Les pommes de terre peuvent être compostées avec d'autres matières organiques, notamment du fumier, afin d'accélérer leur dégradation grâce à l'activité microbienne. Cette solution nécessite toutefois des équipements adaptés, un espace dédié et plusieurs retournements pour assurer une montée en température efficace.

Et enfin la mise en tas : en dernier recours, la mise en tas peut être envisagée pour détruire les surplus. Elle doit intervenir le plus tard possible dans la saison afin de limiter les risques sanitaires, notamment liés au mildiou.

Cette pratique implique de respecter certaines règles : choix d'un emplacement éloigné des parcelles sensibles et des points d'eau, limitation des nuisances pour les riverains, et dispositifs favorisant la décomposition (bâchage, organisation du tas). Des solutions comme l'utilisation de chaux vive peuvent être envisagées sur petits volumes, bien qu'elles restent contraignantes et coûteuses.


Pour plus d'informations :
CNIPT
43-45 rue de Naples, 75008 PARIS
Tél. : 01 44 69 42 14

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