Le marché connaît actuellement une pénurie de maïs doux. Selon Giel Hermans, de Hermans Suikermaïs, cela est directement lié au zèle de l'autorité locale chargée de la sécurité denrées alimentaires. « Au Maroc, les contrôles de présence de chenilles sont actuellement plus stricts que les exigences européennes. Si on trouve une seule chenille, le camion entier est rejeté. De ce fait, un grand nombre de cargaisons ne sont pas autorisées à quitter le Maroc. Les producteurs locaux s'en trouvent désemparés. Je me demande même s'ils continueront leur activité, avec tous les risques que cela comporte. »
© Hermans SuikermaisGiel Hermans avec son partenaire de longue date, Gonzalo Navarro de Sherry Quality Maroc
« La semaine dernière, nous avons reçu les premiers volumes maïs doux marocains, mais le pays est loin de pouvoir répondre à toute la demande. En raison du temps froid et humide qui règne au Maroc, l'offre ne représente que 40 à 50 % de ce que nous avions prévu. Nous avons réagi en prolongeant le produit sénégalais. Dans tous les cas, nous étudions les possibilités de prolonger la campagne sénégalaise, car c'est la seule alternative en cette période. L'Espagne a également dû faire face au froid et à l'humidité ce printemps et, par conséquent, les producteurs spagnols ne commenceronnt la saison que vers le 10 juin au lieu de la fin du mois de mai. »
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« La demande est en revanche très bonne. Le beau temps invite aux soirées barbecues et tout le monde veut du maïs. Normalement, les pays scandinaves commencent avec le maïs marocain et n'arrivent que maintenant sur le marché. Toutefois, avec les disponibilités actuelles, il s'agit surtout de servir les clients réguliers. Les contrats sont prioritaires et le marché journalier est nul. Hermans juge positivement la dernière saison du Sénégal. « Il n'y a que sur le plan logistique que ça a été dramatique. De nombreuses compagnies maritimes ont modifié leurs itinéraires. La guerre en Iran est souvent utilisée comme excuse, mais c'est surtout le prix du diesel qui a un impact important. De ce fait, le maïs arrive parfois dans les endroits les plus étranges d'Europe, comme le sud de la France. Et le fait de devoir déplacer un conteneur depuis le port de Marseilles ou d'Anvers fait toute la différence. »
© Hermans Suikermais
Du maïs doux prêt à être expédié aux Pays-Bas
« Dans l'ensemble, la question des coûts devient un sujet brûlant. Je pense que dans quelques années, il n'y aura plus guère de légumes bon marché en provenance des pays du Sud. Pour un envoi en provenance d'Espagne, il faut désormais débourser 3 500 €, soit 700 de plus qu'il y a deux ans. Heureusement, la qualité du maïs est bonne et les prix sont corrects, mais le prix de revient devient un problème. » Hermans envisage toutefois la saison néerlandaise avec confiance. « Les cultures de maïs doux aux Pays-Bas se développent à un rythme effréné. Nous evrions être en pleine activité dès la deuxième semaine de juillet. »
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Giel Hermans
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