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Jérôme Jausseran AIM et Raphaël Martinez AOP Pêches et Abricots de France

Que retenir de la soirée ‘Rencontres fruits d’été’ en amont du medFEL 2026 ?

C'est désormais un rendez-vous installé à la veille du medFEL. Pour la troisième année consécutive, les filières melon et pêches-abricots, rejointes cette année par la prune, se sont réunies au Palais des Congrès de Perpignan pour la « Rencontre fruits d'été », organisée le 27 avril 2026. L'objectif : préparer la future campagne avec la distribution.

© AOP Pêches et Abricots de France / AIM La troisième édition de la Rencontre Fruits d'été a rassemblé plus de 250 professionnels – producteurs et distributeurs – pour une soirée de lancement de la campagne 2026. À l'initiative de l'AOP Pêches et Abricots de France, de l'AIM (Association Interprofessionnelle Melon) et, avec la participation cette année de l'AOPN Prune, les filières melon et pêche-abricot profitent du medFEL pour convier les distributeurs et engager les discussions en amont de la saison

La majorité des enseignes de la grande distribution était présente, parmi lesquelles Intermarché, Leclerc, Carrefour, Auchan ou encore Lidl, ainsi que des représentants de grossistes comme Pomona, Le Saint ou l'UNCGFL. Coopérative U et Grand Frais ont, quant à eux, poursuivi les échanges avec les filières dès le lendemain sur le salon medFEL. Animée par le journaliste Antoine Robin, à la tête de l'émission VIP Very Important Paysan, également impliqué dans l'organisation de la soirée, la rencontre a structuré les débats autour du thème de la souveraineté alimentaire. Celui-ci a été décliné en quatre axes, identifiés comme les leviers d'une campagne réussie.

Le basculement entre les origines Espagne / France
Premier levier abordé : la gestion du basculement entre les origines espagnole et française. Un enjeu clé pour la valorisation du produit tricolore. « Il faut mettre l'origine France en rayon dès qu'elle est disponible et de qualité », insiste Raphaël Martinez, directeur de l'AOP Pêches et Abricots de France. Si, par le passé, certains basculements ont pu s'avérer délicats, les deux dernières campagnes ont montré une meilleure fluidité dans la transition, laissant entrevoir des perspectives plutôt favorables pour 2026.

Du côté des distributeurs, ce point semble largement intégré. « Ils se disent prêts à prioriser l'origine France », souligne Jérôme Jausseran, vice-président de l'AIM, qui rappelle une condition essentielle exprimée par la GMS : « Ne pas tromper le consommateur ». Autrement dit, la qualité doit rester l'élément central. « Il ne faut pas commencer trop tôt dans la saison afin de répondre aux attentes des consommateurs ».

La question des coûts de production
Deuxième point abordé : le partage autour des coûts de production. Dans un contexte marqué par la crise énergétique, les charges sont en hausse sur l'ensemble des postes : main-d'œuvre, transport, emballages, intrants… « Nous avons calculé entre 10 et 15 % d'augmentation en fonction des produits et de leur rendement de l'année», indique Raphaël Martinez.

Dans ce contexte, les échanges ont visé à sensibiliser les acheteurs à la nécessité de tenir compte des coûts de revient. L'enjeu est clair : éviter des prix de vente trop bas qui mettraient en péril l'équilibre économique des exploitations. « Toutes les filières font état d'une augmentation des charges », rappelle-t-il, ajoutant que le rendement devra également être pris en compte, notamment avec une production d'abricots annoncée en baisse cette année.

© AOP Pêches et Abricots de France / AIM

Sécuriser la production face aux aléas climatiques
Troisième axe : la sécurisation de la production face aux aléas, notamment climatiques. « Ici, l'idée centrale est de bien prendre conscience qu'il y aura des moments où il y aura des apports importants, et d'autres moins. Donc nous allons avoir besoin des distributeurs, pour dynamiser les ventes au bon moment », explique Jérôme Jausseran, appelant les distributeurs à plus de souplesse, de réactivité et d'adaptation, les fruits d'été arrivant souvent « par à-coups ».

Jérôme Jausseran insiste sur l'importance du pilotage de la saison. « Les aléas climatiques peuvent déséquilibrer toute une campagne, notamment en maraîchage de plein champ ». Parmi les outils évoqués : l'observatoire de la promotion, déjà en place au sein des AOP, qui permet de mieux coordonner les actions promotionnelles. L'objectif est d'aligner les périodes de promotion avec la réalité de l'offre. « On a besoin des promotions, producteurs comme distributeurs, mais aux bonnes dates », insiste-t-il.

La théâtralisation et mise en avant des produits
Enfin, dernier levier : la théâtralisation et la mise en avant des produits en rayon. Un enjeu d'autant plus important pour stimuler l'acte d'achat. « Plus il y aura de théâtralisation, mieux ce sera », résume Jérôme Jausseran. « Les fruits d'été, comme le melon, n'étant pas systématiquement inscrits sur la liste de courses, la qualité de présentation en rayon devient un facteur clé ».

La question de la tenue du rayon a également été évoquée, notamment sous l'angle de la professionnalisation des métiers. « Pour reprendre les termes de Joël Boyer [co-président de l'AOP Prunes], quand on va à la boucherie, il y a un boucher ; à la boulangerie, un boulanger. Dans le rayon fruits et légumes, il y a un chef de rayon mais il n'y a pas de primeur ».

© AOP Pêches et Abricots de France / AIM

La jeune génération en première ligne
Pour Jérôme Jausseran et Raphaël Martinez, cette soirée fruits d'été aura été très satisfaisante. « C'est une soirée qui prend de l'importance chaque année. Globalement, on pense avoir été entendus ».

Une édition également placée sous le signe de la transmission, avec une forte mobilisation de la nouvelle génération de producteurs. Venus prendre la parole, ces derniers ont partagé les enjeux, notamment celui de sécuriser une activité économique dans laquelle ils investissent dès le début de leur carrière. « C'est important aussi de montrer que la jeune génération croit en l'avenir et qu'elle est engagée », conclut Raphaël Martinez.

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