Producteur à Sistels à proximité d'Agen, Sébastien Delpech cultive exclusivement en agriculture biologique des fraises, des prunes, du raisin de table, des kiwis et une large gamme de légumes dont des asperges vertes et blanches. « Nous avons commencé la récolte de l'asperge verte – qui représente les ¾ de notre production en asperge – il y a un bon mois, puis la blanche, un peu plus tard ». Si la récolte d'asperges blanches a démarré avec un peu de retard, à l'image de la plupart des cultures de l'Hexagone, celle de la verte a commencé à temps. Malgré des conditions climatiques marquées par des alternances de températures chaudes et de froides ayant ponctuellement freiné la production, la saison a jusqu'ici offert « une bonne qualité et un marché plutôt dynamique ».
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Une asperge verte bio qui tire son épingle du jeu
Si le marché a été naturellement porteur à l'approche de Pâques, la tendance observée après la fête confirme une dynamique intéressante, notamment pour la verte. « Après Pâques, il manque beaucoup d'asperges vertes, qui se consomment bien dans la région. La demande est là, mais l'offre ne suit pas », constate Sébastien Delpech. Une situation qui contraste nettement avec celle de l'asperge blanche, davantage exposée à la concurrence régionale. « Nous ne sommes pas loin des Landes, une grosse zone de production. Cela peut engorger le marché en blanches, alors que les Landais ne produisent pas de verte ». Résultat : les prix de l'asperge verte restent soutenus, portés par un marché bio qui « semble retrouver des couleurs ».
La prudence de mise malgré des signaux positifs
Malgré ce contexte favorable, Sébastien Delpech préfère rester mesuré dans ses perspectives. « Nous vivons depuis 3 ans des printemps compliqués avec beaucoup d'eau et des rendements en baisse. Cette année, nous avons même réduit un peu les surfaces ». Face à une demande forte, l'idée d'augmenter les volumes pourrait être séduisante, mais le producteur privilégie une approche progressive : « Nous préférons attendre de voir si le marché s'installe dans cette dynamique positive plutôt que d'augmenter les volumes dès l'année prochaine. Il vaut mieux rester prudent et y aller progressivement ». La saison devrait se poursuivre jusqu'à fin mai, avec des perspectives encourageantes « si le beau temps continue et que la production suit ».
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Une diversification ancrée dans le local
En parallèle de la production, l'exploitation poursuit sa stratégie de diversification. « Nous avons ouvert il y a deux ans un magasin à Agen, L'Éclat des saisons », indique Sébastien Delpech. Un point de vente qui valorise à la fois la production de l'exploitation et d'autres produits locaux. « Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, mais pour l'instant nous sommes satisfaits des deux années que nous venons de passer ». Une partie des volumes est également commercialisée via des réseaux spécialisés comme Biocoop ou des expéditeurs régionaux.
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